Les chiffres clefs de la traversée |
Nombre d'heures moteur | 6h |
Temps du parcours | 3 jours |
Longueur du parcours | 345 milles nautiques |
Vitesse moyenne | 4,8 noeuds |
PoissonS pêchéS | 0 |
Distance des Sables d'Olone | 460 MN |
Passage par L'hexagone ! (Ravitaillement charcuterie et fromage oblige...)
Corse et Cote d'Azur
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Les co-équipiers « touristes » se succèdent à bord de QoVoP, et ma rencontre avec Patrick sera de très courte durée à Bonifacio : je suis arrivé à 23h30 dimanche 17 juillet, et il a quitté le port à 7h00 le lendemain !
Je suis Grégoire, un ami d’enfance de Manu, et c’est donc à mon tour de prendre la plume après ces deux semaines délicieuses passées à bord de QOVOP que j’avais quitté a Panama il y a 27 mois… et plus de 25 000 miles nautiques ! Le temps et la distance n’ont pas épargnés le bateau qui a perdu de son éclat mais rien de sa robustesse, et pris un peu d’embonpoint à
force d’accumulation de matériels et de souvenirs au fil des escales : modeste charge tout de même estimé à plus d’1 tonne après la pesée faite à Djibouti !
Les retrouvailles sont explosives, et ce n’est donc que le mardi que nous quittons Bonifacio en direction de la Rondinara, au Sud de Porto Vecchio. Je retrouve avec beaucoup d’émotion les plaisirs de la navigation sur QoVoP, avec un équipage plus que rodé, mais néanmoins quelque peu perplexe face à la dure réalité de la navigation en méditerranée. Après avoir connu la douceur et la régularité des alizés océaniques, la navigation en méditerranée a quelque chose d’insupportable : le vent change en permanence, que ce soit de direction ou de force. Dans ces conditions, deux stratégies sont possibles. La première consiste à reconfigurer le schéma des voiles à chaque changement de direction ou de force du vent : soit une nouvelle manœuvre toutes les 5 à 10 minutes… La seconde, plus douce, consiste à ne rien modifier en considérant que le vent reviendra à sa direction et sa force d’origine. Les quelques jours de navigation suivant donneront raison à cette seconde solution !
Nous arrivons à la Rondinara en fin de journée sous la pluie par 20 nœuds alors que le vent nous avait délaissé une bonne partie de l’après midi. Ce dernier ne cessera de forcir durant la nuit, et nous nous réveillons avec plus de 35 nœuds, nous condamnant à rester bloqué pour la journée sur le bateau : une tentative de sortie en annexe à la rame se serait soldée par une arrivée chaotique en Italie, poussé par ce vent étourdissant !
Au mouillage, c’est la grande valse des bateaux qui se font balloter au grès des rafales, alors que les parties de coinche s’enchainent inlassablement à bord de QoVoP. Nous tenterons tout de même une chasse sous-marine en fin de journée pour agrémenter le diner… mais nous finirons fatalement par les traditionnels spaghettis bolognaise à la mode Corned beef de QoVoP !
Le vent a à peine faiblit le lendemain, et nous décidons de mettre les voiles en direction du continent afin d’arriver à temps pour rejoindre Audrey, fidèle admiratrice de la QoVoP, dont le père se produit en concert sur le port du golfe Juan.
Les 3 jours de navigation seront rythmés pour une bonne moitié par le doux ronronnement du moteur : imaginez-vous avec un tracteur qui vous suit à moins de 3 mètres pendant 36h… Ma soif de dauphins et de baleine aura été largement récompensée durant la traversée, celle de sashimi de thon frais beaucoup moins… « Il n’y a plus de poisson en méditerranée, c’est moi qui vous l’dit ! »
Et après 3 petits jours, 58 changements de configuration des voiles, 17 mises en marche et arrêt du moteur, nous débarquons au port du golfe Juan. Nous sommes reçus comme des princes par les parents d’Audrey et leurs amis qui me regardent avec beaucoup d’admiration auprès de mes compères de la QoVoP… « Euhhh, en fait ca ne fait qu’une semaine que je les ai rejoint, je n’y suis pour rien moi… » !
C’est à Antibes que nous passerons les 5 journées suivantes. Nous y retrouvons dans un premier temps Anne et sa fille Léa de Watermelon qui habitent maintenant à Antibes. Les retrouvailles sont pleines d’émotions et de souvenirs car les 2 équipages se sont suivis pendant plus d’un an entre Panama et la Polynésie. Encore merci Anne pour ton accueil pendant ces quelques jours passés ensemble.
Mais en plus de ces nombreuses retrouvailles, QoVoP a de nouvelles obligations à l’approche de son arrivée : répondre aux sollicitations des journalistes qui s’arrachent les interviews ! Nous aurons la visite de Jean Luc, marin aguerri en charge des reportages de grande croisière du magazine « Voiles et Voiliers ». Il passera 48h à bord de QoVoP afin de creuser chaque détail de l’organisation et du déroulement de cette belle aventure. Nous finirons par une séance shooting photo rocambolesque pour laquelle lui et moi sommes lâché sur l’annexe au large d’Antibes au milieu d’une multitude de super yachts dont les vagues nous ont fait pâlir à plusieurs sur notre embarcation de fortune ! L’article sera diffusé début septembre pour fêter l’arrivée de QoVoP.
La QoVoP continue sa course contre la montre des retrouvailles, et nous hissons les voiles à l’aurore le lendemain en direction d’Hyères, où une troupe de valentinois nous attend pour un week-end superbe sur l’ile de Porquerolles où la voile et les apéros se sont mêlés à de magnifiques performances musicales pour le plus grand plaisir de nos voisins au mouillage (ou pas…) !
Ce week-end rime pour moi avec la fin des vacances, et il me faut déjà quitter QoVoP plein de nostalgie et d’envie de repartir voyager… la reprise va être dure, alors que QoVoP doit déjà être au Baléares à l’heure où j’écris !