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Djibouti - 2 (reparation de la transmission)

 

Découvrez l'album photo ici 


 

Les formalités d'entrée effectuées, nous nous lançons désormais a la recherche des moyens techniques disponibles pour effectuer la réparation sur la transmission défectueuse depuis les Maldives.

Si Djibouti possède un port de commerce très important, alimentant notamment l'Éthiopie, nous constatons rapidement que les équipements pour la plaisance sont inexistants.

Cependant, nous entrons en contact avec la société Dolphin spécialisée dans la plongée sous marine et les excursions. Habitues aux opérations de maintenance sur leur flotte, Bruno le patron, et Nico nous propose d'utiliser leur société de grutage sous-traitante.

Durant notre sejour ici, nous aurons l'occasion de travailler pour Dolphin en tant que plongeur. Pendant 2 journées nous avons nettoyé la coque d'un cargo ou les rognes s'etaient accumulées.

Nous avons désormais le moyen de sortir le voilier de l'eau, en revanche il n'existe pas d'emplacement pour accueillir un voilier a terre.

Nous décidons de faire appel a la marine nationale. A l'ambassade de France nous sommes reçus par le lieutenant colonel Thimothe qui nous mettra aussitôt en contact avec M. Bertrand Demez, commandant de la base navale française a Djibouti. Ces 2 hommes ne manquent pas de nous rappeler la chance certaine avec laquelle nous avons traverse la zone de piraterie.

Nous prenons aussi conscience de la recrudescence des attaques malgré le déploiement important des forces armées dans la zone!

Après 2 semaines a courir de bureau en bureau nous obtenons l'autorisation pour stocker qovop a l'escale marine, emprise militaire partage entre l'armée française et djiboutienne.

La marine nationale française met également a notre disposition une remorque ajustable qui servira de berre pour le voilier.

Entre temps nous discutons du problème avec Franck, mécano chez Dolphin. Spécialiste des moteurs VolvoPenta il nous décrit le point faible de ce type de transmission source du problème dans 90% des cas. Ainsi nous passons commandes des roulements identifies comme potentiellement défectueux.


Le lundi 04 avril au petit matin, une vedette rapide de la marine se met a couple de qovop afin de nous remorquer jusqu'au lieu de grutage.

A 09h00 nous entamons le levage sous le regard ébahi de la marine djiboutienne peu habitue a voir un bateau civil sur les lieux. Les marins français viennent nous prêter main forte pour la manœuvre.

Ca y est qovop flotte dans les airs... et nous pouvons même connaitre le poids de notre canot. Verdict 8,6 tonne soit environ 1 tonne de plus par rapport a la remise a l eau en France!

Et oui chemin faisant, nous avons encombre la cabine avant et autre rangements de matériel divers, vêtements, instruments de musique sans compte l'équipement installe pour ce périple!

Le voilier est dépose en douceur sur son berre. Spatules et karcher viennent a bout des rognes accumules pendant les 2 semaines de mouillage a Djibouti. Le nettoyage haute pression redonne au pont sa couleur d'antan. Le travail de nettoyage effectue, nous nous penchons sur le problème de transmission.

Nous suspectons que le disfonctionnement proviennent du renvoi d angle. (jeu de pignons transmettant la puissance de l axe vertical de la transmission a l axe horizontale de l hélice). Lors du démontage nous n'observons pourtant aucun problème sur ces pignons, en revanche l'axe vertical dans l'embase a un jeu anormal.

Nous commençons donc par démonter l'embase (partie immergée) mais nous nous rendons vite a l'évidence: ca ne passe pas... cette pièce a été monte depuis l'intérieur. Ceci implique la dépose complète de la transmission et surtout le joint du saildrive assurant l'étanchéité entre la transmission et l'embase. Le risque d'endommager ce joint est trop important, aussi nous prenons l'option d élargir l'orifice autour de l'embase afin de pouvoir l'extraire par l extérieur. Ainsi, Manu attaque la découpe de la coque de la disqueuse!

Qu'on se rassure, la zone découpée n'affecte en aucun cas l'étanchéité ou même la résistance mécanique de la carenne...Un appendice inutile en somme!

L'embase peut désormais être sortie sans encombre et l'axe démontée dans l'atelier de la marine nationale. L'un des roulement présente une usure avancée, si bien qu'il nous sera très difficile pour l extraire. Sous les conseils de Franck nous tentons de percer en un endroit qui permettra de faire voler en éclat le roulement... Malheureusement, rendu trop mince par l'usure, l'alliage est trop mou et se déforme au lieu de se briser. Marteau/burin sont la seule solution pour venir a bout de la pièce, endommageant au passage le siège du roulement !

A l aide d une dremel nous rattrapons les dégâts et comblons les trous avec de la résine epoxy. Nous pouvons désormais mettre en place le roulement neuf commande a l'avance sur les conseils de Franck.

Au remontage, nous prenons soin de supprimer le jeu anormal au moyen de cale. Tout est en place, essai moteur. Et la...surprise le bruit de ferraille est toujours présent et la transmission ne tourne pas!!!

Le problème principal est ailleurs!

Après quelques temps de recherche nous localisons finalement l'avarie qui provient de l'accouplement moteur/transmission !

L'espace de travail sur le moteur étant exigu sur qovop nous décidons de déposer le moteur a terre.

Nous déconnectons d'abord tout les circuits... gasoil, eau de mer, échappement ainsi que le faisceau électrique. Une fois le moteur libéré de ses supports, nous le hissons hors de son logement a l'aide du palan de l écoute de grand voile. Nous faisons ensuite pivoter la bôme et assurons la dépose a terre en douceur. L'opération de démontage peut continuer avec beaucoup plus d'aisance.

Nous accédons finalement a l'accouplement. Il s agit d un axe crénelé assemble a une poulie femelle, elle aussi crénelée. Seulement voila les crénelures sur chacune des pièces sont rongées pas l'usure. Cet axe tourne dans le vide, use il ne transmet plus aucune puissance !

La bonne nouvelle nous dis Franck, c est qu'il n est pas nécessaire de remplacer ces pièces, une réparation est possible! En effet, il est possible de modifier l'axe en lui donnant une forme carre et du cote poulie souder une pièce carre également servant de prise femelle.

Nous confions cette opération a l'atelier mécanique de la marine nationale qui nous a propose son aide. Grâce aux machines-outils, un carre est fraise non sans mal sur l'axe en acier très dur! Un carre femelle est soude sur la poulie, l'accouplement entre ces 2 pièces est a nouveau opérationnel.

Entre temps nous profitons que le moteur soit a l'air libre pour lui offrir une deuxième jeunesse. Le temps et l'air salin ont fait apparaître des points de rouille un peu partout. Un bon coup de nettoyage au kartcher puis grattage et brossage des zones corrodées. Cette tache s'achève par une couche peinture anti-rouille.

Le circuit de refroidissement passe lui aussi en revue. Ainsi l'échangeur est démonté et nettoyé. Un peu de dépôt et quelques tubes obstrues le circuit retrouve rapidement son état d origine. Le collecteur eau de mer/ gaz d'échappement paraît plus sale. Si la partie gaz est relativement dégagée, en revanche la partie eau, elle, est complètement bouchée. Ceci explique le faible débit d'eau que nous constations a la sortie...

Nettoyer ce circuits s'avère tout de fois complique car l'accès est quasi nul. Kartcher et air comprime sont inefficaces! Heureusement a l'atelier de la marine nous nous voyons proposer de l'ardox. Un agent chimique compose d'acide phosphorique qui viendra a bout de ce dépôt. Après de nombreux nettoyages le collecteur est totalement libre de tout résidus. L'ensemble du circuit de refroidissement fonctionne désormais normalement.

Notre rythme de vie et nos horaires se calent sur ceux de la marine. Début de la journée a 6h avec un petit café pour se réveiller, nous arrêtons toutes activités a 13h l'atelier fermant ses portes et la chaleur accablante nous dissuadant de tout effort. Nous observons avec intérêt ces marins bien occupes a la tache mais qui ne manquent pas de nous conseiller et de nous aider quand nous en avons besoin. C'est avec plaisir qu'ils nous font visiter un chalant de débarquement et ses machines en plein travaux de maintenance. Aussi nous nous sommes réjouit quand un matin nous avons été mis a contribution pour aller déplacer des pontons flottants. A l'aide d un pousseur nous nous rendons sur les lieux et tractons les pontons a amarrer sur une autre boue. Nous avons même eu le droit de s'essayer aux commandes du pousseur! Retour au bercaille ya encore du boulot sur qoVop.


L'heure est au remontage. Toutes les pièces sont remises en places et le moteur hisse a bord. L'ascension du petit 3 cylindre de 29cv nécessitera l'appel a la rescousse de nos amis de la marine. Les 3 pairs de bras dans un effort synchronise hisserons rapidement la machine. Une fois replace dans son berceau puis reconnecte a tous ses tuyaux et câbles le moteur est ensuite accouple a la transmission grâce a l adaptation effectue en atelier.

Oui mais voilà, lors du serrage nous constatons que toute rotation du moteur devient impossible...

Alors on redemonte pour reprendre le carre et lui donner un léger jeu.

En attendant, bat attaque le démontage de la barre a roue. En effet depuis quelques temps maintenant, un jeu important s'est déclaré. Extraire la barre est loin d être aise car toutes les pièces se sont soudes entre elles avec l'oxydation. C'est tout le système de barre qui finira a l'atelier pour être démonté a l'aide extracteurs et grand coup de marteau! Après plusieurs heures de bataille féroces nous venons a bout de chaque pièce. Ici aussi on découvre un roulement complètement anéanti source du problème.

Nettoyage, graissage, confection d une bague en Téflon pour remplacer le roulement et reprise du filetage sur l'axe de barre. Le système de blocage de barre est également révisé et de nouveau opérationnel.

La pièce de l'accouplement nous revient de l'atelier légèrement modifiée, voyons si cela a porte ses fruits. On remonte et serrons progressivement alternant serrage et essais moteur. Ceci a pour but de caler les pièces petit a petit et ca fonctionne. L'ensemble est remonte, serre et le moteur tourne sans contraintes. Nous poursuivons nos essais pendant une dizaine de minute, marche avant, arrière..etc tout fonctionne bien et le débit d'eau a l'échappement a nettement augmente.

Nous poursuivons nos travaux annexes. Les reprises de peintures rouge sur la coque, pour masquer rayures et patchs de peinture cloques. La préparation avant l antifouling en effectuant de menus retouches a l epoxy et au gel-coat sur la quille. Bat remplace un câble électrique tribord dans la cabine et révise les interrupteurs du guindeau tandis que Manu pose 2 plaques inox pour protéger le cockpit contre l'usure des écoutes. Will s'attelle a l'étanchéité entre le mat et le roof.

Nous passons une première couche d'antifouling que nous avions acheté en Malaisie a un prix plus qu'attractif. La deuxième couche ne serra passe qu'a la veille du grutage afin d'optimiser l'efficacité de la peinture. La remise a l'eau a lieu le jeudi 21 avril. Pour cette occasion nous nous voyons remettre un pavillon tricolore flambant neuf! Et oui le notre commancait a être sérieusement malade...

QoVop goutte de nouveau aux joies de la lévitation avant de retourner dans son élément de prédilection.

Que ca fait plaisir de revoir notre fier destrier a l'eau ! Nous profitons du pontons pour refaire le plein d'eau douce avant de filer au mouillage. Nous testons la mécanique qui répond au quart de tour, qovop redresse son étrave fièrement sous les palpitations de la machine et... la vedette de la marine présente en cas pépin!

Cette escale technique touche a sa fin nous jetons l'ancre une dernière fois a Djibouti. Malheureusement très occupes par notre avarie nous n'avons pas eu le temps pour visiter la région environnante, la brousse et les peuples nomades qui y vivent. Cependant nous avons pu nous évader une après-midi en compagnie d Yvan apiculteur. Sur la piste menant a la Somalie a une vingtaine de kilomètre de Djibouti, Yvan (photo de gauche) a mis en place des ruches au milieu des acacias. Nous somme donc aller visiter les ruches et profiter de son expérience pour recevoir un petit cour sur l apiculture. En bonus, ses ruches se situe au refuge de Decan. Un refuge pour animaux sauvage géré par un vétérinaire aide de bénévoles! Animaux blessés ou sauvés du trafic, ils vivent paisiblement dans leur environnement naturel. Nous découvrons ainsi le Caracal, un petit félin africain aux oreilles en pointes. Nous faisons connaissance avec le lion et la lionne offerts au président de Djibouti par le roi du Somaliland. Plus loin nous observons des guépards en pleine digestion a l'ombre d un bosquet, une autruche qui tente de nous intimider en nous servant un numéro de french cancan des hyènes elles aussi a la sieste tandis que les antilopes se baladent librement un peu partout. Une après-midi riche en découverte

Lors de nos sorties en ville nous avons eu l'occasion de goutter le kye wat, plat éthiopien composé de chèvre en ragout accompagne de crêpes faite d une céréale locale. C'est excellent, tout comme la fatira, un plat de viande mélangé a une galette, le tout coupé en fine émincée.

Nous avons également dégusté des steaks de dromadaire qui s'apparente beaucoup au bœuf. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir les bovins débarquer par camion entier en provenance de l'Éthiopie. Les fruits et légumes sont également importe du pays voisin.

Alors nous approvisionnons le bateau de ces légumes frais et sommes fin prêt a appareiller pour le soudan.


Un très grand merci a la marine nationale française basée a Djibouti pour leur aide précieuse! Merci au commandant de nous avoir écouté et soutenu, et merci aux marins de l'Escale Marine d'avoir supporté les « Bitniks » (nous)!

Nous tenons a remercier également la société Dolphin service pour son aide et ses conseils!