Les chiffres clefs de la traversée |
Nombre d'heures moteur | 18 h |
Temps du parcours | 12 jours |
Longueur du parcours | 1180 milles nautiques (900 en route directe) |
Vitesse moyenne | 4 noeuds |
PoissonS pêchéS | 1 Daurade, 1 bizarre, 1 bonite, 3 petits thons blancs et 2 thons rouge. |
Panama –> Galapagos : Contre vents et courants
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Arrivée le 1er juin 2009.
Suite à 2 longs mois d’attente à Panama, l'équipe de la Qovop est à nouveau au complet! L'avitaillement est fini et Bat a même profité de son crochet en France pour ramener dans ses bagages des fromages, saucisses sèches, chocolats et même un jambon cru qui prendra le relais de notre défun "Juan 1er", jambon basque consommé pendant la transatlantique. Tout ceci sera bien rangé, et la charcuterie pend fièrement dans le carré du bateau.
Après un dernier repas avec nos hôtes panaméennes, nous larguons enfin les voiles à 2 heures du matin mercredi 20 mai.
En route vers les Galapagos, nous nous rendons sur les îles Perlas où nous tentons de plonger pour nettoyer la coque avant la grande traversée du Pacifique. Dès le premier contact avec l’eau, nous sentons de nombreuses petites piqures. De petites méduses étaient en train de nous attaquer. Nous renonçons donc au brossage de la coque. Tant pis pour les petits coquillages accrochés sous la ligne d’eau du voilier qui freineront sans doute l’allure ! !
Après avoir passé la nuit au mouillage, nous repartons dès le petit matin. Enfin presque !
A la première tentative de démarrage du moteur, nous nous rendons compte que nous partirons un peu plus tard que prévu… 2 heures ont suffit pour détecter et réparer la panne. La chambre à combustion du moteur était pleine d’eau, d’eau salée ! ! Aïe Aïe ! !
Nous en concluons que l’eau s’était infiltrée dans le moteur par l’échappement relié au circuit de refroidissement. Qovop étant très lourd après un grand ravitaillement de vivres, d’eau etc. la pression d’eau dans ce circuit a du atteindre un niveau jamais atteint auparavant… Une fois le problème réglé, nous fermons le passe coque permettant d’éviter cette infiltration.
L’aventure vers l’ouest peut reprendre son chemin. Mais le vent nous contraint lui aussi a passer plus de temps que prévu en mer. En effet, les cinq premiers jours défilent et se ressemblent ! Pétole et orages le jour et tout petit vent la nuit. Le manque de vent nous oblige donc à allumer le moteur quelques heures sur la traversée, chose à laquelle nous ne sommes pas habitués, mais il faut admettre que lorsque la vitesse sur cible du GPS affiche -1,5 nœud, car le courant lui aussi est contre nous, la situation devient critique… En d’autres mots, nous étions en train de revenir à Panama ! !
Mais après 5 jours d’attente, le vent se lève enfin. Cependant, il vient du sud-ouest, et nous oblige à naviguer au près serré (contre le vent). Nous espérions qu’il tourne mais non ! ! Le vent nous soufflera dans le nez jusqu’à notre arrivée aux Galápagos, ce qui nous oblige à tirer des bords.
Si la route la plus courte entre deux points est une ligne droite, nous réalisons une sinusoïdale torturée calquant notre trace GPS au relevé sismique d'un volcan en éruption. Autant vous dire que le chemin s’est donc allongé par rapport aux prévisions, et le temps avec, naturellement. C’est ainsi que nous parcourons près de 300 miles supplémentaires.
C'est un de ces matins couverts que nous seront amenés à rompre notre train-train journalier: lors d’un passage sous un grain, le vent force, la mer se creuse et le voilier prend de la vitesse. Les vagues déferlent sur le pont et l'une d'elles vient à bout des fixations du sac à spi accroché aux filières. Le barreur lance un grand "spi à la mer!" et enclenche son demi-tour pendant que les autres sortent sur le pont et s'apprêtent à le récupérer. Après un premier échec, nous parvenons à attraper le sac, mais le spi s’en échappe et commence à couler. Immédiatement, Manu plonge pour le récupérer (avec succès), et par la même occasion nous mettons en pratique notre premier exercice « d’homme à la mer » réussi en moins de cinq minutes et sans moteur !
Côté pèche, cette navigation nous permet d'attraper le plus grand poisson depuis notre départ, une daurade coryphène de 1,23 m. Elle offrira des repas orgiaques et nous reprenons nos vieux reflexes de salage de dorade! Si cette prise nous a réjouit, nous avons appris que nos amis brésiliens de Canela ont attrapé, eux, un espadon d'1m90 dans le cadre de la coupe du monde de pêche lancée à Panama. Il nous reste de la route et nous comptons bien reprendre le dessus!
D'autre part, les nombreuses prises de thons nous ont permis de nous affuter à la confection de délicieux "Sushis à la Qovop" (recette piquée à Water Melon puis brevetée, que nous vous développerons dans un futur incertain).
Dimanche 31 mai alors que l’après midi est plutôt ensoleillée, nous passons enfin la barre tant attendue du 00° 00'000 ! ! Et oui nous y sommes : Enfin l’équateur ! L'hémisphère sud, c'est épatant, on ne se rend même pas compte qu'on a la tête en bas!
Nous sommes alors accueillis chaleureusement par une centaine de dauphins qui nous offrent un show surpassant Marine land.
Le lendemain nous jetons l’ancre en début d’après-midi à Puerto Ayora sur l’île de Santa Cruz.
Les Galápagos est l’une des plus grandes réserves naturelles au monde, malheureusement notre temps étant compté, nous ne ferons qu'une visite rapide. En l’espace d’une journée, nous admirons la richesse de la faune et la flore de l’île: les Iguanes, tortues de mer, frégates, pélicans, cohabitent dans des lieux splendides et otaries prennent des bains de soleil sur le pont des bateaux les plus accessibles. C’est au centre de recherche Charles Darwin que nous pouvons observer la paisible vie des tortues géantes. C’est en ces lieux que ce célèbre naturaliste anglais fonda la théorie de l’évolution en observant les espèces.
Actuellement en ravitaillement d'eau douce et produit frais, nous nous apprêtons à prendre la mer pour les Marquises. 3000 miles nautiques au cap 254 nous attendent, avec à la clé un paradis terrestre!