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La genèse

Bonjour à tous, tout d’abord désolé pour le retard mais notre vie depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande a été bien occupée.

 

Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 12 h

Temps du parcours

 11 jours

Longueur du parcours

 1295 milles nautiques

Vitesse moyenne

5 noeuds

PoissonS pêchéS

3 Daurades et 2 thons

 

Mais voici le nouveau journal de bord depuis le départ des Tonga.

 

Les réparations du voilier ayant été effectuées, nous décidons de continuer notre route.

 

 

 

Tonga –> Nouvelle-ZélandeAu revoir les tropiques 

     

Découvrez l'album photo ici

 

 

Faux départ :

 

La météo annonçant des coups de vent à partir du milieu de semaine. C’est un lundi (7 décembre) que nous décidons de partir. Heureux de reprendre la mer, nous hissons les voiles et filons tranquillement en appréciant la nouvelle santé de notre cher QoVop ! Mais voilà que 4 heures plus tard, nous recevons un coup de fil d’un détective de la brigade policière nous informant qu’ils avaient retrouvé notre caméra vidéo volée (ou empruntée) quelques jours plus tôt dans un café…  chapeau Mr le policier…  C’est bien la première fois que nous voyons une police retrouver ce genre d’objet volé ! Les tongiens font vraiment tout pour que l’on se sente bien, et se plient en deux pour rendre le séjour de chacun agréable.

 

Nous décidons donc de nous arrêter à un mouillage dans la soirée afin de revenir sur nos pas le lendemain matin pour aller retrouver notre chère caméra.

En la récupérant nous découvrons des vidéos de messes et de danses tongiennes prisent dans une église… si notre voleur a eu une mauvaise intention en prenant le sac à dos, celui-ci avait la foi…

Et finalement nous pouvons le remercier pour les vidéos montrant un peu de folklore local.

 

C’est donc le mardi que nous re-hisserons les voiles en début d’après-midi sous un gros soleil afin de rallier la Nouvelle-Zélande.

Le coup de vent étant annoncé pour jeudi ou vendredi, nous aurons le temps de nous diriger sur Minerva Reef, un récif au beau milieu du pacifique à deux jours de navigation de Tongatapu. Minerva Reef n’est pas situé sur la route directe entre les Tonga et la Nouvelle Zélande, mais y passer offre un meilleur angle pour attaquer la redescente vers Auckland durant laquelle les vents soufflent souvent de face (et puis toutes les excuses sont bonnes pour aller découvrir un petit coin de paradis !).

 

Ces deux premiers jours de voile nous ré-acclimatent avec la mer, car nous nous étions finalement bien habitués à être au port.

Le temps est au beau fixe et le vent sud-est commence à souffler à plus de 20 nœuds sur notre travers, nous naviguons à fière allure (7 à 7,5 nœuds).

Le jeudi, nous arrivons à Minerva Reef après avoir raté de nombreuses Daurades coryphènes très coriaces… Nous entrons dans la passe, nous posons l’ancre sous le vent du récif à 10 mètres de profondeur. Minerva est très semblable à Beveridge Reef où nous nous étions arrêtés avant de s’en faire déloger par l’alerte au Tsunami… C’est un anneau corallien dont seules les épaves témoignent de sa présence, car ce dernier est entièrement sous l’eau. Le coin est magnifique, il fait toujours aussi beau mais le vent continue à souffler fort. A nos côtés deux voiliers étaient déjà posés ici, mais nous ne verrons pas les passagers tant le vent est fort… tout le monde préfère rester à l’abri.

Nous décidons néanmoins de faire une petite plongée apnée avant que le soleil ne se couche. A 30 mètres à l’avant de notre ancre se trouve une patate de corail assez volumineuse. Nous tirons le dinghy (annexe) à la palme jusque là et commençons à chasser pour notre diner…  Un banc de poissons tropicaux se trouve justement sous la patate et nous offre une parfaite poilée pour notre repas exotique…

 

Le lendemain matin, le vent ne s’était toujours pas calmé, mais nous décidons de refaire une plongée et d’aller explorer une épave un peu plus loin… Nous retirons notre dinghy telle une charrette jusqu’à l’endroit et là : surprise, un petit requin pointe blanche se trouve sous l’épave. Nous essayons de l’embêter avec le bout de nos flèches mais celui-ci ne veut rien savoir et s’engouffre bien sous l’étrave et retombe dans un profond sommeil. Nous tirons quelques poissons Napoléons pour le déjeuner et rentrons au bateau. Dans l’après-midi alors que Baptiste était allé chercher le diner sous la patate devant le bateau, Will et Manu ont le plaisir de faire connaissance par VHF avec nos voisins de bâbord. Un couple de suisses qui nous informe que le coup de vent est au Tonga et qu’on attend du mauvais temps dans les prochains jours sur la route de la Nouvelle-Zélande…

N’ayant pas envie d’attendre une semaine ici bloqué sous les dépressions, nous décidons de repartir le lendemain matin (samedi). Nous repartons grand voile arisée, génois pas entièrement déplié, et sortons de la passe sans difficulté.

Au près serré, nous nous dirigeons un peu plus vers l’ouest que la route directe comme il est conseillé de faire pour ne pas être pris de court dans une dépression venant de l’ouest qui nous emmènerait loin de la Nouvelle-Zélande. Le tout est de ne pas rater l’île du nord.

Sortis des tropiques, le soleil brule toujours car c’est l’été ici et de plus la Nouvelle Zélande, tout comme l’Australie, se trouve sous un trou de la couche d’ozone. Mais le temps se refroidit de jour en jour. Après 5 jours de près le vent tombe et nous nous retrouvons dans la pétole entre deux fronts. Une journée plus tard le vent re-souffle puis retombe à nouveau. Nous sommes contraints à allumer le moteur toute une journée pendant 8 heures. Puis en fin de journée le vent se relève à nouveau mais il a changé de sens. Nous nous trouvions auparavant au près sur bâbord amure. Et nous continuerons la route vers la Nouvelle-Zélande sur tribord amure…

Les côtes néo-zélandaises sont désormais proches, et nous longeons les nombreux groupes d’îles, guettant au loin l’apparition d’Auckland. Jusqu’ici peu chanceux en pêche, nous attrapons soudain deux beaux thons blancs qui remplissent à merveille notre stock de conserves « maison ». Nous attrapons même un petit requin Mako, pas bien lourd mais teigneux et au sourire peu engageant. Déjà bien servis en thon, nous remettons à l’eau le requin qui ne semble pas plus traumatisé que ça et qui nous suivra même quelques instants.

 

Les températures continuent de chuter doucement, et on devine enfin les îles marquant l’entrée de la baie d’Auckland ! Un message radio annonce un coup de vent pour la nuit dans la zone d’Auckland… On va y avoir droit ! Et comme toute arrivée doit se mériter, notre entrée dans la grande baie se fait de nuit avec 30 nœuds de vent dans le nez, auxquels viennent s’ajouter quelques grains chargés de pluie.

Au petit matin du 21 décembre 2009, la tour d’Auckland se dresse au loin devant notre étrave, et le vent se calme pour nous offrir une approche dans de bonnes conditions. Refroidis par la nuit, nous avons ressortis les pulls, polaires, vestes de quart, bonnets et même les gants de ski ! Nous restons bouche bée devant les voiliers néo-zélandais que l’on voit sortir, avec à leur bord un équipage en short et tee-shirt ! En regardant le thermomètre, nous réalisons qu’il fait tout de même 15°c, mais le choc entre les tropiques et ici est important…

 

Le centre d’Auckland est composé de grattes ciels à l’architecture très moderne, ce qui nous laisse admiratifs après 8 mois passés dans les petites îles du Pacifique… Nous faisons les formalités d’entrée au quai de quarantaine, puis nous amarrons QoVop dans la marina « Westhaven ». La dernière fois que le voilier a dormi au port était le soir de notre entrée en République Dominicaine… Il y a bien longtemps. Cette fois-ci, Qovop devrait rester relativement immobile pour 4 à 5 mois. Nous aussi par la même occasion… Cela fait étrange de se dire que nous allons nous « sédentariser » le temps que la saison des cyclones passe.

 

Nous retrouvons sur place nos amis brésiliens de Canela ainsi que Simon qui navigue sur Sedna 1. Pour Noël, David, Anne et la petite Lea (de Watermelon) nous rejoignent et nous fêtons l’évènement autour d’un barbecue : pas de saumon, de dinde ou de foie gras, mais une ambiance chaleureuse et unique, en short et chemisette à jouer au foot sur un carré d’herbe.

Nous passons le jour de l’an sur Qovop avec nos amis, admirant depuis le pont le feu d’artifice qui illumine les tours d’Auckland.

Nous consacrons les jours suivants à trouver des petits boulots, et ça marche. Chris, un contact Néo-zélandais nous confie des travaux à effectuer sur différents bateaux, et nous prenons ainsi un rythme que nous comptons garder jusqu’à notre départ en Avril-Mai. Ces boulots au jour le jour nous permettent de remettre à flot notre caisse de bord, et nous enchainons les nettoyages, ponçages, peintures et autres grattages de coques.

Le 30 janvier, Manu prend l’avion direction la France, et y passera un mois afin de participer et d’assister au mariage de sa petite sœur Céline. Il est désormais rentré, prêt à reprendre le boulot.

Depuis notre arrivée ici, les jours défilent et se ressemblent un peu, nous laissant peu de temps pour découvrir le pays. De temps en temps nous faisons une virée sur Piha en fin de journée, qui est une plage réputée pour la qualité de ses vagues, idéales pour nous surfeurs débutants… Ainsi que des petites virées de Weekend, sur les Coromandel, l’île de Waheke et des paysages magnifiques du nord jusqu’à Whangarei.

Nous allons faire notre possible pour visiter ce pays magnifique, et bien sûr le partager avec vous avant de reprendre la mer.