Les chiffres clefs de la traversée |
Temps du parcours | 1,5 jours |
Longueur du parcours | 190 milles nautiques |
Vitesse moyenne | 5,5 noeuds |
Poisson pêché | 0 |
Tahiti et les îles de la société
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C’est en même temps que nos amis de Mandragore que nous quittons Rangiroa. Après des au-revoir difficiles avec Maeva, Leeha et toute la pension Tuanake, nous levons l’ancre avec notre cuistot préféré, Al’. Le temps est beau et la passe est tranquille lorsque nous y pénétrons. En sortant du chenal, Al’ saute à l’eau avec sa planche de surf pour rejoindre Rangi et nous jetons nos couronnes de fleurs, car d’après la tradition ce geste nous assure de pouvoir revenir en ce lieu tant apprécié.
Nous contournons donc l’île et filons direction Tahiti. Nous n’apercevons pas Mandragore censé nous suivre, et un appel VHF nous informe qu’ils ont eu des soucis d’ancre, puis qu’un tuyau d’eau douce a cassé… Superstitieux, Laurent nous rappel le que nous sommes partis un vendredi et que cela porte malheur ! Etre superstitieux porte malheur, du coup nous ne le sommes pas…
Tout d’abord sous-toilés pour arriver au petit matin sur Tahiti, nous filons toujours trop vite et du coup nous remettons toutes les voiles et filons à plus de 7 nœuds avec un vent de travers. C’est de nuit que nous approchons de la fameuse Tahiti. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions plus vue d’île illuminée et Papeete brille ce soir de mille feux. Nous rentrons dans le lagon de nuit par la passe très bien balisée.
Nous jetons l’ancre juste au sud de l’aéroport, près de la marina Taina, et filons nous coucher… Au petit matin nous découvrons la forêt de mats qui nous entoure et apercevons Mandragore qui arrive tout doucement. Laurent et Helene sur le pont semblent bien fatigués ; nous voyons alors leur enrouleur de génois, tordu et fixé tant bien que mal le long de leur hauban. Durant la traversée, la ferrure d’étrave a lâché et leur étai s’est tout simplement décroché ! Ils ont frôlé le démâtage, comme quoi être superstitieux et partir un vendredi porte malheur !
Avec la lumière du jour, nous découvrons aussi nos amis de Watermelon, et pour notre plus grand bonheur, nous revoyons enfin Canela et nos trois brésiliens préférés !
Au petit matin, la famille Tseng rencontrée à la pension Tuanake vient nous rendre visite et nous offre des caisses de riz ainsi que des SAO, biscuits qu’on ne trouve qu’ici ! !
Très sympathiques, ils nous emmèneront même faire une visite de la ville en voiture avant de manger dans les fameuses roulottes de Papeete (sorte de baraque à frites).
En plus de l’approvisionnement, merci à eux pour d’avoir pris tout ce temps pour nous !
Nous profitons d’être dans la plus grande ville du Pacifique pour refaire le plein de vivres et réparer définitivement le moteur. Nous nous penchons également sur l’éolienne qui nous avait lâchés à Fatu-Hiva, aux marquises.
Comme promis au Panama, nous contactons et retrouvons avec un grand plaisir Jean-Do et Christine, nos amis d’Exocet avec lesquels nous avions franchi le canal pour la première fois. Pour notre arrivée à Papeete nous avons le droit à un délicieux repas préparé par Christine : Côte de bœuf et gratin dauphinois ! On en bave encore !
Et par chance, Jean-Do nous annonce qu’il a une éolienne presque neuve à nous donner, inutilisée depuis des années. Bien entendu, nous ne pouvons refuser son offre. Christine qui a marre d’avoir ça dans sa chambre nous remercie même du service rendu ! ! Des services comme ça, nous en rendons avec plaisir. C’est plutôt à nous de les remercier, alors merci beaucoup ! !
Jusqu’à la fin de notre séjour sur Tahiti, ce couple nous aura gâté en nous offrant des leurres pour la pêche, car nous avons cassé beaucoup de ligne durant la traversée du Pacifique ainsi que de grands festins, bœuf ou gigot d’agneau avant de passer à un énorme plateau de fromages. Cela faisait alors plus de neuf mois que nous n’avions pas eu le droit à ça ! Nous étions donc comme à la maison.
Après plus de 10 jours à Tahiti, Hélène de Mandragore qui nous rabâchait de rester pour fêter son anniversaire eut alors raison de nous grâce en plus à un avis de grand frais annoncé dans les prochains jours. A ce moment nous prévoyons de rester au port pour encore 3 ou 4 jours. Mais la semaine suivante, alors près à partir, Baptiste eut une infection au pied, dues à des plaies. Ce qui n’est pas rare sous les tropiques. Contraint de soigner ça avant de partir, nous attendrons la dernière piqure d’antibio pour enfin partir.
Huahine - Tahaa - Raiatea
C’est alors un jeudi, que nous mettons les voiles pour Huahine. Malheureusement le vent n’est pas bien fort durant la nuit passé en mer et nous mettrons plus de 24 heures pour rallier Huahine. Afin de prendre de jolies photos, Manu grimpe sur la barre de flèche de qovop. Vu de la haut, le lagon est magnifique (voir photos). A notre arrivée un voileu nous informe que les brésiliens parti 10 jours avant nous sont au yacht club de Tahaa, une île très proche d’où nous sommes. Nous passons la nuit à Huahine avant de les rejoindre le lendemain.
A notre arrivée, nous apercevons Canela qui a pris un corps-mort car la profondeur trop importante dans la baie ne permet pas de mouiller à l’ancre (ou il faudrait plus de 200 mètres de chaîne, pour information nous n’avons que 50 m).
Les bouées qui ne sont pas nombreuses sont alors toutes prises. Nous décidons de nous mettre à couple avec Canela. Une belle fête s’annonce, d’autant plus que nous sommes samedi et qu’il y a une soirée au yacht club ce soir !
Le lendemain, une bonne marche s’impose et nous décidons de partir ensemble à la maison de la vanille. Malgré que ce soit son seul jour de fermeture, le patron qui était en train de ramasser les gousses de vanille sur les séchoirs a pris le temps de nous expliquer toutes les phases de son travail.
La vanille de Polynésie est très réputée et elle est également très chère. Saviez-vous que la plante vanille est productive après seulement 3 ans et qu’il s’écoule environ 4 mois de séchage et triage entre le ramassage et la commercialisation de la vanille ? Maintenant vous le savez !
Après cette escale culturelle, nous repartons le lendemain (Canela et qovop) afin de rejoindre Watermelon qui se trouve au nord de l’île de Raiatea. Tahaa et Raiatea partageant le même lagon, ces îles sont très proches et il nous faudra une heure seulement pour les rejoindre près du motu (îlot corallien) où ils se trouvent.
En arrivant, nous cassons le câble de la manette des gaz du moteur, décidemment, aussitôt réparé, quelque chose casse. Ce fût une chance énorme qu’un des rares magasins nautiques sur l’île eu le même en stock.
Le soir même, nous lançons le feu pour partager un barbecue sur le motu non loin du mouillage. Watermelon, Canela et qovop ne se lâcheront normalement plus jusqu’en Nouvelle-Zélande.
Le lendemain, nous repartons pour visiter la perle du Pacifique : Bora Bora. Bora étant à moins de 30 miles une demi-journée de navigation nous attend.
Soucieux de pêcher pour partager un grand repas tous ensembles à l’arrivée, les trois voiliers avaient mis toutes les lignes. De plus, les brésiliens ayant remporté la première compétition de pêche entre Panama et Tahiti, nous avons lancé une seconde compétition entre Tahiti et Auckland. Les règles sont les même, et David de Watermelon nous prépare un trophée en bois ! Malheureusement, aucun poisson ne se trouvait sur notre route car aucun des trois eu le droit à une touche. Le point positif de cette traversée fût le bon vent. Faute de pêche, nous régatons avec nos amis, et QoVop file en tête par 22 nœuds toutes voiles dehors.
Une fois de plus nous ferons une entrée dans le lagon à la voile mais cette fois, juste pour le plaisir ! Les bateaux du Yatch Club de Bora voient arriver droit sur eux notre petit bateau rouge à plus de 7 nœuds, avec une gîte importante et un drapeau de pirate hissé bien haut ! Après avoir tiré les derniers bords en rasant Adele, le magnifique Ketch bois de plus de 150 pieds, nous tombons finalement les voiles et allumons le moteur pour prendre un corps mort (coffre ou bouée). Canela, qui n’aura pas réussi à nous rattraper sur cette courte traversée, viennent prendre un coffre à nos côtés. Nous les taquinons alors sur la régate, car ils ont fini la remontée au vent au moteur, sans que cela leur permette de revenir sur nous. Watermelon nous rejoint bientôt et ça y est nous sommes : Bora Bora, nous offre son lagon et ses couleurs extraordinaires.
Le nom même de Bora Bora prête à la rêverie, il est synonyme de paradis terrestre et de cartes postales dans l’imagination de beaucoup. C’est une sensation étrange de ce lever le matin, de regarder en dehors du bateau et de dire à ses amis : « Vous savez quoi les gars ? On est à Bora Bora ! » Qui l’aurait cru avant que l’aventure ne commence ?
Si le lagon est magnifique, le mont Otemanu culminant à 727m est lui aussi source d’admiration. Bordé de falaises, le mont nargue nos vieux restes de grimpeurs… On ne va tout de même pas se laisser faire ! Nous enfilons donc nos tongues afin de narguer à notre tour la montagne qui nous attend. La montée est superbe, au beau milieu de la jungle, entre randonnée et Via Ferrata. Claudio de Canela nous accompagne, et c’est avec Watermelon que nous croisons sur le chemin que nous admirons la vue d’en haut, digne des plus belles cartes postales…
Après une dernière plongée au milieu de requins citrons de plus de 2m, nous hissons les voiles direction Rarotonga en compagnie de Canela. Qui aura le plus gros poisson??