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Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

4 h

Temps du parcours

 10 jours

Longueur du parcours

 1150 milles nautiques

Vitesse moyenne

 5 noeuds

PoissonS pêchéS

2 wahoos 

Distance des Sables d'Olone

4809 MN

Ayubowan !    (bonjour au Sri Lanka)

 

 

Sri Lanka

 

Découvrez l'album photo ici 

 

Journal de bord écrit par notre équipière Rosalie:

 

En ce matin du 16 janvier, les 3 QOVOPiens s'activent tel de petites abeilles. Le départ est imminent... Je suis super reconnaissante d'avoir la chance de prendre part à cette belle traversée, ma plus longue jusqu'à présent. Mon CV nautique étant plutôt mince, se résumant à quelques milles sur le Fleuve St-Laurent (car je suis québécoise!!), sur le Lac Champlain et aussi quelques milles supplémentaires lors d'un voyage en Méditerranée. Je ne sais donc pas trop a quoi m'attendre.... si l'énergie sera bonne, si le courant passera entre nous (...si avec l'accent québécois, 2 semaines en mer avec 3 français peut se considérer comme un suicide (ahaha), si j'aurai le mal de mer, si la vie sur un voilier sera à la hauteur de mes attentes.... D'autant plus que nous avons été informés qu'un cyclone a fait des ravages sur la même route 1 semaine auparavant... Mais nous sommes confiants que le pire est derrière, et que le meilleur reste à venir!!

 

Alors ça y est, l'ancre est levée, les voiles prêtes à être hissées, et nous partons sous l'oeil bienveillant du grand Bouddha, bien installé au sommet de la colline qui surplombe la baie de Chalong.

Je vois la cote s'éloigner, petit a petit, et lui jette un dernier regard lui demandant que les vents nous soient favorables. Eole nous offre d'abord un petit vent bien agréable de 10-15 noeuds, nous faisant aller a une allure de 6 noeuds. Les 3 marins QOVOP sont bien heureux de sentir le vent dans leurs voiles, après leur périple en Indonesie ou le vent s'est fait bien timide.  

La bruyante et saturée Phuket qui se revêt doucement d'une brume légère et blanchâtre, disparaissant entre la lumière du jour et le bleu de la mer. Nous sommes maintenant les seuls à l'horizon, à la conquête des eaux indiennes, et dans mon cas, outrageusement heureuse...

 

Une petite routine s'installe a bord du bateau, qui commence par l'apero, petite pause bien méritée, sous le soleil qui nous chauffe sur un air léger de reggae. Apero composé de chips, peanuts, petit verre de rhum, accompagné d'un bon saucisson français rapporté par le frère de Baptiste lors d'une dernière escale. Petit plaisir exquis qui dureras avec plaisir tout au long de la traversée.

En attendant d'avoir du poisson, les repas se résument a des plats de riz, de pâtes, accompagnés d'un peu de légumes (conséquence d'avoir une fille a bord ; ), sans oublier les fameuses conserves de viandes en boite, dont je garderai un souvenir gustatif hors mémorable!

 

Le vent ne tarde par contre pas a s'adoucir pour cette première journée de navigation, pour descendre entre les 3 et 6 noeuds. La soirée s'annonce plutôt tranquille, et a défaut de bien avancer, je me réjouis de pouvoir m'acclimater graduellement a mon nouvel environnement. La nuit revêt maintenant pour nous ses plus beaux habits. Une belle lune orangée, presque pleine, laissant derrière elle un sillon brillant vers l'horizon. Les étoiles, même un peu timides au début, viennent s'installer sur la toile de fond. Quelques dauphins viennent même nous souhaiter le bonsoir pour cette première nuit en ces eaux indiennes. Cette nuit simple, pour moi, contient toute la beauté du monde, et j'envie grandement mes amis qovop de pouvoir faire d'autant de beauté leur quotidien.

 

Même si Baptiste reste un peu avec moi pour m'enseigner les rudiments de la navigation de nuit, mon premier quart est plutôt difficile, car la fatigue m'envahit, mais mon 2e quart, de 3h a 4h30, m'est des plus agréable. Une douce brise caresse mon visage, ayant comme seul cap la lune et les étoiles, la lumière du compas étant disfonctionnelle. Toutes ces nouvelles impressions et sensations font couler dans mes veines la vie a une vitesse fulgurante, me donnant même l'énergie de rester avec Manu pour une petite partie de son quart, sous quelques airs de Yann Perreau, un auteur-compositeur-interprète de chez nous.

 

Baptiste démarre le moteur pour mon quart du matin, car le vent souffle très faiblement. C'est la petole pour une grande partie de la journée, ce qui nous donne l'occasion d'aller faire une petite baignade, dans les eaux pleines d'une vie infinie, dire bonjour a quelques jolis petits poissons s'amusant avec la quille du bateau. Petite journée très calme mais bien agréable, a profiter du soleil, de la baignade, des mots croises (presque une obsession chez mes amis QOVOP ; ), de la bonne musique, dont un peu de chez nous... du Richard Desjardins, Malajube, Yann Perreau....

J'aime bien être loin de tout, et de tous. Pas de contacts, pas d'ordis, profonde brèche dans l'espace temps du quotidien. Petite pause (pour moi évidemment!) bien salutaire et appréciée.

 

Encore une fois, après le souper, une multitude de dauphins viennent s'amuser près du bateau. C'est pendant mon quart, Will prend donc la barre pour me permettre d'aller a la proue profiter du spectacle. En mer, le paysage est épuré, dénué de toute superficialité, mais la nature, dans ce qu'il y a de plus simple en elle, dans de petits détails qui passent presque inaperçus, soudain peut se révéler grande et incommensurable.

 

Ce que je préfère est de prendre la barre, la nuit, seule ou accompagnée de celui qui est avant ou après mon quart, quand le silence nous enveloppe. J'apprécie cette solitude, ce silence réconfortant... se contenter d'observer, de ressentir. Quatre noctambules, valsant jusqu'à l'aurore dorée. 

Les rotations sont de 1h30. Donc 1h30 a la barre pour 4h30 de sommeil. Les premières nuits, la lune presque pleine me suit lors de mes quarts, et m'offre le spectacle de sa descente sur les eaux. Une belle lune orangée, disparaissant dans les eaux noires de l'océan indien.

 

Et en attendant les Nicobars et le vent qui est suppose venir ensuite, mes amis QOVOP me font aussi découvrir les constellations de Timon, de Passe-Partout, je leur fais découvrir celle de Pumba (qui n'a pas eu une grosse cote de popularite....; ). Je leur fais manger des légumes, ils me font manger de la viande en conserve, ils me m'apprennent a dire Boston en anglais, mais wi-fi en français. Et moi a dire wi-fi en anglais, et Boston en français. Je leur enseigne le drap contour, la pâte a dents, à péter une coche et eux m'apprennent ce que c'est que d'être fiou, et autres expressions...

 

Nous atteignons le passage des Nicobars jeudi le 20 dans l'avant-midi, presque 4 jours après notre départ de Phuket. 300 milles en 3 jours et demi... Après le passage, Eole fait un peu plus d'efforts et nous accorde un vent de force 4, nous faisant avancer a une moyenne de plus de 6 nœuds. Nous pêchons même un beau Wahoo, que nous mangeons avec plaisir pour le souper, entre autre en sashimis, dont j'ai littéralement raffolé. On en pêchera même un deuxième pendant la nuit. Bon repas à répéter pour le lendemain. 

On a eu droit a une super navigation pour les 4 jours suivants, vent de force 4-5, nous faisant avancer a une allure allant de 6-7 noeuds. Je galère parfois en essayant de mettre un peu de force sur la barre a roue afin de garder mon cap, avec le bateau qui tend sans cesse a remonter au vent, mais l'expérience est incroyable. De jour en jour mon désir de voyager a voile grandit en moi et se solidifie. Je souhaiterais alors que la traversé soit bien plus longue! 

La dernière journée nous réserve par contre une mer plus chaotique, des grains, du plus gros vent. Will et Manu se font bien mouiller pendant leur quart. La nuit est sans lune, sans étoiles, ni ligne d'horizon, et la mer un peu plus hostile que les jours précédents. Les manoeuvres dans le bateau sont plus difficiles, mais a travers cette noirceur opaque, il y a QOVOP, cette parcelle de vie, gaillarde et frondeuse, qui avance malgré tout, confiante, vers les premieres lueurs du matin. 

 

Le vent tomba finalement aux abord du Sri Lanka, nous faisant avancer a un faible 2 noeuds. La lumière des nombreux bateaux de pêcheurs créant une constellation autour de nous. 

 

A notre arrivée, la chaleur est suffocante et les douaniers nous font attendre un bon 2 heures. Ils viennent rapidement inspecter le bateau nous demandent des cigarettes et du jus d'orange. Des notre entrée au port, comme nous sommes obligé de passer par un agent pour effectuer toutes les formalités, c'est Chatu, de Tango Shipping, qui viendra nous rendre visite a bord malgré la difficulté pour monter dans le bateau avec des ponton en plastique.

 

Au premier coup d'oeil, Galle se fait très peu hospitalière, avec ses rues étroites, ses voitures, touk-touks, motos qui ne font rien pour nous éviter.... Apres 10 jours d'air pur, le gaz noir des tuyaux d'échappement nous donne mal a la tete. Les rues sont bondées, et chaotiques. Mais au fur et a mesure que nous nous éloignons de la rue principale, nous commencons a decrouvrir les charmes de la ville. Nous y découvrons sont fort, issu de l'occupation Hollandaise, qui protégea une partie de la ville pendant le tsunami de 2004. Nous marchons dans les rues étroites, et mangeons notre premier rice and curry. Nous découvrons ensuite les samosas, le chicken kotthu, les bananes succulentes, les thés trop sucrés, encore et encore les samosas. Nous y rencontrons également ses habitants qui nous reservent un acceuil très chaleureux. Il a d'abord Fatima qui nous sauve du déluge en nous invitant a prendre le thé chez elle. On y rencontre son fils et son mari Namas, qui nous conduit le lendemain avec son touk-touk a une jolie plage ou on a fait de la plongée et du spearfishing. La pêche ne fut pas très fructueuse, mais la journée ensoleillée et agréable, qui se conclue par une petite partie de carte (tdc) au bateau. 

 

Manu et moi partons le lendemain a la recherche de cadeaux a offrir pour l'anniversaire de Bat et Will. Nous revenons avec des instruments pour un orchestre complet; un violon pour Bat, un tam-tam pour Will, et une Guitare pour Manu. Du coup on a bien fait rigoler les vendeurs au magasin. Nous allons ensuite a la plage de Cabalana pour une petite journée de surf et de freesbe. 2 américains et 2 Venezueliens rencontres sur les quais nous accompagnent. La journée d'anniversaire de Bat se poursuit avec une super soirée chez l'habitant, tous invites par un jeune Sri Lankais de 20 ans rencontre sur la plage. Nous y rencontrons toute sa famille, qui sont super acceuillants, nous servent bien a manger... Les gens ne sont pas riches, mais ce qu'ils ont ils le partagent genereusement. Baptiste sort aussi sa guitare, ce qui rend la soirée bien festive! La soirée se conclue par un feu sur la plage avant de rentrer bien fatigues mais heureux et combles par cette soirée bien agréable.

 

Quelques jours plus tard c'est l'anniversaire de Will, ou on mange de bons poissons issus d'une pêche plus fructueuse, en compagnie de nos amis du Venezuela, Daniel et son père Walter, a bord de leur bateau. 1 ou 2 jours plus tard Bat, Will et moi partons pour une journée à Hikadua, nous y mangeons un super bon et gros burger. Et au moment de rentrer, nous arrivons par hasard sur la plage ou il a une fête incroyable avec disons-le pas tellement de locaux mais beaucoup de touristes enflammés.

 

Quelques jours plus tard nous célébrons l'anniversaire de Will (1er février). Nous préparons au BBQ de bons poissons, issus d'une pêche plus fructueuse (travail de Manu et Will), en compagnie de nos amis du Venezuela; Daniel et son père Walter, à bord de leur bateau. Nous arrivons même à trouver un gâteau pour l’occasion, sur lequel Will pourra souffler les bougies de son 29e anniversaire.
Le lendemain, Bat, Will et moi partons pour une journée à Hikkaduwa, située à environ 30 minutes de bus à partir de Galle. La plage y est plutôt déserte en après-midi, nous optons donc pour une bière rafraîchissante accompagnée d’un bon gros burger. Nous avons même l’occasion en soirée d’observer une tortue de mer venue pondre ses oeufs dans le sable.
Et au moment de rentrer, quand nous croyons la soirée terminée et voyons les environs se vider peu à peu, nous aboutissons par hasard sur la plage où a lieu une fête bien animée, avec peu de locaux mais beaucoup de touristes enflammés, présents en grand nombre à Hikkaduwa. Nous rentrons finalement au bateau après quelques heures de danse; événement que nous répétons 2 jours plus tard, cette fois en compagnie de Manu, lors d’une soirée de percussions locales bien rythmée pour célebrer la fête nationale du Sri Lanka !


La nuit est un peu courte mais nous partons toute de même le lendemain, en avant-midi, vers Adam’s peak. Adam's Peak est la montagne sacré du Sri Lanka, haute de 2243 mètres (7359 pieds) située dans la région montagneuse au centre du pays. Elle est bien connue pour le Sri Pada «empreinte sacrée», formation rocheuse de 1,8 m près du sommet, dans la tradition bouddhiste considéré comme l'empreinte du Bouddha, dans la tradition hindoue de Shiva, et dans la tradition musulmane celle d'Adam. L'ascension classique se fait durant la nuit, afin de pouvoir admirer le lever du soleil aux petites heures du matin. Nous tentons de retrouver notre énergie, alors prévoyons la montée pour le lendemain et profitons d’un repos bien mérité dans une guest house environnante.


Nous allons visiter le lendemain après-midi un site d’extraction de pierres précieuses, tel les saphirs, rubis, quartz. pierres de lune, etc.. bien présents en sol Sri Lankais. Les travailleurs fonctionnent avec de l’équipement rudimentaire et dans une pauvreté certaine. Mais ils ont tout de même eux la gentillesse de nous offrir quelques petits saphirs jaunes et autres pierres découvertes lors de notre visite. On a photographié et filmé pour documenter le tout.
À 19h30 nous commençons, comme prévu, la marche vers le sommet d’Adam’s speak, en suivant le sentier qui est emprunté depuis plusieurs centaines d'années. La rumeur raconte que certains pèlerins marchaient plusieurs centaines de kilomètres pour arriver au pied de la montagne et commencer la marche périlleuse. Aujourd'hui, 2 sentiers sont disponibles. L’ascension la plus longue et la plus abrupte nécessite un bon 6-7 heures de marche, tandis qu’une autre, emprunté par la plupart des touristes, nécessite un 2 à 3 hrs. Aller, un peu d’exercice ne fait jamais de tort, nous y allons donc pour la plus difficile. Nous suivons les lumières qui nous conduiront au sommet et partageons sur la route quelques paroles avec les gens du coin, curieux de voir quelques touristes s’aventurer par là. Après 6 heures de montée (donc vers 2h du mat), un bon thé chaud, quelques pauses collation, et surtout après un effort considérable, nous atteignons le temple sacré. Il fait très froid là-haut et des dizaines de pèlerins Sri Lankais s’entassent afin de trouver un peu de chaleur. Nous faisons de même, essayant de profiter de quelques heures de sommeil avant le lever du jour... malheureusement sans grand succès, car le froid nous ronge malgré les nombreuses pelures d’oignons et les chaussettes d’opossum.


Nous entendons des chants sacrés très tôt au lever du soleil, et observons les processions d’offrandes vers le temple. Une épaisse brume obstrue, a notre grand désarrois, la vue sur les montagnes environnantes. Elle se dissipe in extremis, juste au moment de notre départ. La vue est époustouflante, et ce petit moment de contemplation vaut largement le parcours et l’effort fourni. Nous redescendons, presque en courant, par le chemin le plus court. La vue de jour est tout aussi magnifique, avec la multitude de plantations de thé ainsi qu’avec les chutes descendant des montagnes... malgré la multitude de kiosques à souvenirs un peu trop omniprésents sur le chemin le plus court.
Nous prenons ensuite la route du retour vers Haputale, où nous dormons une seconde fois dans une guest house, après un bon kotthu, une bonne douche chaude, et une bonne partie de carte.


Le paysage montagneux est toujours à couper le souffle, et les gens sur notre passage sont super accueillants et chaleureux. Les enfants se précipitent afin nous saluer et les femmes lancent certains regards admirateurs vers nos 3 trois «qovopiens».
Nous arrêtons visiter une fabrique de thé au passage, où nous en apprenons un peu plus sur les techniques utilisées, les conditions de travail, le processus jusqu’à la mise en sachet, etc...


Nous prenons ensuite le chemin du retour vers Galle et faisons l’experience du bus local. On pourrait résumer le tout à un bus qui est rempli à 300% de sa capacité!!! Quelqu’un à gauche, à droite, devant, derrière, quelqu’un qui essaie de se mettre entre toi et celui de droite, et un autre entre celui-là et celui derrière, et ainsi de suite.... Pour finalement revenir à Galles complètement épuisés, pour une dernière bonne nuit de sommeil avant mon départ.

 

 

 

Au moment où l’aventure se termine pour moi, Caroline et Jo arrivent à Galle pour faire partie de l’équipage QOVOP, en route vers les Maldives.

 

 

Départ pour les Maldives : Samedi 12 février