Les chiffres clefs de la traversée |
Nombre d'heures moteur | 1 h 30 |
Temps du parcours | 2 jours |
Longueur du parcours | 309 milles nautiques |
Vitesse moyenne | 6 noeuds |
PoissonS pêchéS | 2 bonites |
Madère –> Gran Canaria (Las Palmas)
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Le vent a fait des siennes dès le début. Encore sous le charme de Funchal, nous regardions les falaises sud de Madère, classées parmi les plus grandes falaises côtières du monde, tandis que le vent s’arrêtait, repartait bâbord amures, puis tribord amures. Une petite heure plus tard il se stabilisait, venant finalement du nord ouest.
Au couché du soleil, nous avons même eu le plaisir de capturer une Bonite (petit Thon). Les pêches sont toujours un moment agréable, et puis ça agrémente bien le quotidien culinaire de l’équipage !
Le reste de la navigation fut relativement calme, et ne dura que deux jours. Partis de Funchal le samedi en fin d’après-midi, nous sommes arrivés en vue de Gran Canaria le lundi dans l’après-midi. L’approche se fit non sans slalomer entre les grains, relativement impressionnants par leur taille et leur opacité ! Puis en fin de journée, re-belotte ! Une bonite ! Hum ! Miam !
L’entrée dans la baie de Las Palmas se fit donc de nuit. Durant l’entrée, nous avons été impressionnés par le nombre de cargos, portes-containers, paquebots… Partout autour de nous pointaient de grandes digues en béton. Il était loin le charme de Funchal.
Nous avons fini par jeter l’ancre dans la zone de mouillage sur-bondée, séparée de la marina par une digue de rochers. Après avoir vérifié que le bateau tenait bien à l’ancre, nous avons décidé d’aller se promener en ville, histoire de se dégourdir les jambes et de visiter un peu Las Palmas. Cette sortie fût un échec cuisant. Car si le port de Las Palmas n’est pas engageant, la ville l’est encore moins. Nous avons marché 4 heures au milieu de barres d’immeubles, entre autoroutes et grues diverses, sans pour autant trouver de petit bar-tapas ou autre troquet.
Nous sommes donc revenus au bateau aux alentours de 2h du matin. Qovop était là, nous attendant sagement prêt à nous bercer pour une nuit bien méritée. Après un bref casse-croûte, nous avons rejoint les bras de Morphée.
Et là, Rock’n Roll !
A quatre heures du matin, nous fument réveillés par de grands cris : «He amigo ! Hay un problema ! Venga ! Venga ! » . En ouvrant les yeux, nous pouvions voir à travers la descente un officier de la police portuaire et en décor de fond, la digue de rochers étrangement proche…
Bon sang ! L’ancre avait décroché et nous, on était sur la caillasse. Branle-bas de combat, tout le monde sur le pont (en caleçon) ! Nous avons immédiatement remonté l’ancre et démarré le moteur pour se dégager, mais une poisse ne venant jamais seule, un cordage s’est pris dans l’hélice, stoppant net les machines. Le bateau se dirigeait de nouveau sur la caillasse, et heureusement la police portuaire a pu nous tracter avec une amarre au milieu de la baie, loin des rochers. Seul problème, le bout pris dans l’hélice était relié à la jetée et nous devions le couper avant qu’il arrache le sail-drive du moteur. Autre hic, visuellement, deux bouts partaient du cul du bateau, et nous avancions à vive allure sous la traction des policiers. William, couteau à la main, coupa le premier brin que nous avons pu attraper. L’autre nous échappa et nous attendions impuissants le verdict : arrachera-t-on, arrachera-t-on pas le moteur ? Puis non, tout se passa bien.
Nous avons rejeté l’ancre une seconde fois, mais une nouvelle fois le bateau dérivait vers la digue. Arrivés proches de la digue, nous avons jeté notre deuxième ancre pour freiner le bateau. Heureusement, les ancres s’accrochèrent bien et le bateau stoppa son avancée. Nous avons tout de même passé le reste la nuit à veiller qu'il ne dérive pas de nouveau.
Au petit matin, les premiers rayons de soleil permirent à Manu de plonger sous le bateau pour estimer les dégâts. La première chose à faire fut de dégager le cordage de l’hélice, et là un bon couteau fait la différence. Après avoir libéré le moteur, il a fait le tour de la coque non sans une boule au ventre… La suite du voyage dépendait de ce qu’il allait voir. Chance dans notre malheur, la coque était nickel ! Surprenant, le bateau a seulement subit une petite égratignure de 15 cm sous la quille. Pas de dégât majeur, pas de raison de sortir le bateau de l’eau.
Notre conclusion quant à cette histoire : 3 fois la hauteur d’eau en chaîne est insuffisante. La bonne longueur est tout simplement toute la chaîne dont on dispose, du moment où celle-ci équivaut à au moins 4-5 fois la hauteur d’eau.
Apres une deuxième nuit au mouillage, nous somme entrés dans la marina. Nous en avons profité pour passer à la laverie faire une bonne grosse lessive. Quel bonheur de sentir la douce odeur de fleurs : « Hummm ! It smells like a flower ! ».
Joie des pontons, nous y avons croisé divers équipages, tous aussi sympas les uns que les autres. Notamment un couple de jeunes français qui partait pour un festival de cinéma à Dakar, et un autre couple anglais à bord d’un bateau de pêche violet aménagé en ketch de croisière ! Ils ont également leurs sites web : www.auxcinephilesdeleau.com pour les premiers, et www.veracity.org.uk pour les seconds.
Pour finir, voici quelques photos sur la vue de Las Palmas... Avant d'arriver en ville, nous devions traverser cette autoroute (à droite).
Ci-dessous, voici la plage donnant sur le balais incessant des Cargos (parfois énormes)...
Notre conclusion sur Las Palmas : Les contacts sur les pontons sont bien plus chaleureux que la météo et la ville bétonnée!