qoVop

quand on Veut on peut

Accueil - Welcome     La Boutique     Les projets     Journal de bord     Photos et Vidéos     Téléchargements     Soutenez la qoVop     Liens et sites amis     Espace presse     Contactez-nous      
Salons nautiques et conférences
Arrivée - Photos
Ile d'Yeu
Baléares
Corse Cote d'Azur
Sardaigne
Grèce
Egypte
Djibouti - 2
Djibouti - 1
Maldives
Sri Lanka
Thailande
Malaisie
Indonesie - 2
Indonesie - 1
Timor Leste
Papouasie Nouvelle Guinée
Nouvelle Calédonie
Vanuatu
Fiji
Nouvelle-Zélande 2
Nouvelle-Zélande
Tonga - Réparation
Tonga
Niue
Iles Cook - Rarotonga
Polynesie fin
Polynésie - suite
Polynésie française
Galápagos
Panama, suite
Panama
Jamaïque
Ile à Vaches
République Dominicaine
Guadeloupe
Dominique
Martinique
Cap Vert
Canaries
Madère
Mise en état de l'équipe
Remise en état du bateau
La genèse
 

 

Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 40 min

Temps du parcours

 20 h

Longueur du parcours

 130 milles nautiques

Vitesse moyenne

 6 noeuds

PoissonS pêchéS

0

République Dominicaine –> Ile à Vache (Haïti) : Un saut dans le passé

     

Découvrez l'album photo ici

 

 

 

C'est en début d'après-midi, après une petite partie de coinche dans le cockpit et une navigation agréable, que nous sommes arrivés à l'île à Vache, dans la baie de Morgan...

 

L’entrée de QoVop dans la baie se fait sous une escorte de pirogues locales. Chacune des embarcations vient nous proposer des fruits, des légumes et des poissons. D’autres vendent des services comme laver le linge ou faire guide sur l’île. Arrivés sans monnaie locale, et disposant d’un budget serré, nous refusons poliment et saluons nos hôtes.

La baie est superbe. Une avancée rocheuse sur laquelle trône un hôtel protège une belle plage de cocotiers. Le village de Caye Coq (Kakoc en créole) est simplement composée de cases construites sous les cocos. Ici, pas de route, pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de police, pas le moindre moteur.

 

Impatients de découvrir tout ça nous mettons l’annexe à l’eau et ramons jusqu’au rivage. Nous y sommes accueillis par deux locaux, Jean-Jean et Kama, qui nous proposent de venir dans leur bar pour boire un rafraichissement. Toujours pour les mêmes raisons nous refusons, mais nos deux amis insistent et nous invitent à venir même sans consommer, juste pour parler. Le programme nous plait ! Le sentiment d’être les bienvenus croît en croisant les villageois, souriants et heureux de croiser les drôles de touristes que nous sommes. Le tourisme de masse n’existe pas ici…

 

Arrivés au bar, nous découvrons qu’il s’agit en fait d’un bar en construction, et qu’aujourd’hui il est composé d’une parcelle de jardin abrité par un toît en feuilles de coco au milieu de laquelle est posé un frigo servant de glacière. Le charme de l’endroit est fou, et c’est assis confortablement à 10m de la plage, que nous discutons avec nos nouveaux amis. C’est autour d’une bonne bière fraîche que Jean-Jean et Kama nous expliquent la vie sur l’île à Vache.

 

Cette île, en quasi-autarcie, vie au rythme des quelques pêcheurs locaux. Ici, il n’existe pas de réelle activité économique, alors la pêche, la cueillette des fruits et les combats de coqs rythment le quotidien. Cette société est bluffante de solidarité. Tout le monde partage, que ce soit ses fruits, ses poissons ou son temps. Catholiques, protestants et vaudous cohabitent sereinement. Pour nous, c’est un plaisir de pouvoir laisser le bateau sans craindre de vol.

 

Se sentant redevables de leur si chaleureux accueil et de leur générosité, le lendemain nous proposons à Jean-Jean et Kama de travailler pour eux, de les aider à avancer la construction de leur bar. Quelque peut étonnés de la proposition, ils acceptent et nous voilà engagés dans une mission de première importance : Ramener des galets plats blancs qui serviront pour le sol du bar. Nous partons donc à 6 sur une barque à voile, direction la plage des galets, juste derrière la pointe de la baie.

Faute de vent, c’est à la rame que nous avançons, et la sensation d’avoir fait un bon de 200 ans dans le passé grandit. Une demi-heure plus tard, nous jetons l’ancre à l’eau, et nous par la même occasion ! De l’eau jusqu’à la taille, nous n’avons qu’à nous baisser pour trouver ces fameuses dalles. A 6 la tâche va vite, et nous nous retrouvons au bout d’une heure à ramer de nouveau, la barque pleine de galets. Apres avoir déchargé tout ça, nous avons savouré un délicieux riz Haïtien cuisiné par la femme à Jean-Jean. La journée de travail était finie ! On est loin des 35 heures sur l’île à Vache.

Se sentant toujours redevables, nous invitons nos deux amis à venir manger le soir à bord de QoVop. Du coup, nous passons l’après-midi sous l’eau en quête de poissons et crustacés pour leur offrir autre chose qu’une boîte de thon. Bonne pioche ! Nous remontons avec 3 poissons, une araignée et 5 langoustes. Le repas est un délice, et nos invités découvrent par la même occasion les haricots verts !

 

Sous le charme, nous décidons de rester 2 jours de plus pour visiter les terres et voir un combat de coqs (plus populaire que le football ici !). Nous passons donc deux jours à sillonner les sentiers, s’arrêtant à l’occasion pour discuter avec le forgeron ou pour regarder le laboureur encourager ses bœufs…

C’est après avoir assisté à un combat de coqs, violent et passionné, que nous décidons qu’il est temps de partir. Seulement voilà, le voilier ne semble pas d’accord. Le moteur refuse de démarrer…

Nous passons l’après-midi dessus mais rien n’y fait, nous nous retrouvons bloqués ! Mince ! Ici, aucune chance de réparer quoi que ce soit… Le soleil descend dans le ciel et nous décidons de partir à la voile durant la nuit pour arriver au jour sous voile en Jamaïque. Nous attendons patiemment l’heure du départ en écoutant résonner dans la nuit les chants vaudous.

L’heure venue nous hissons les voiles et sortons en silence, sans moteur, de la baie. Nous laissons l’île à Vache endormie avec le sentiment d’avoir vécu une expérience extraordinaire. La gentillesse des gens et leur générosité nous ont laissé pantois, surtout venant de gens qui ne disposent que du minimum pour vivre.

Nous recommandons à tous un voyage sur cette petite île paisible, en marge des troubles qui secouent Haïti. Si vous y faites un saut, allez à Caye Coq et arrêtez vous au bar de Jean-Jean et Kama (Le « Cadico Dé ») et savourez le temps qui passe…

 

 

 

 

 

Départ de l'île à Vaches :  Lundi 23 février