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La genèse
 

 

Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 0

Temps du parcours

 41 h

Longueur du parcours

190 milles nautiques

Vitesse moyenne

 4,6 noeuds

PoissonS pêchéS

0

Haïti –> Jamaïque: Sur les traces de Bob

     

Découvrez l'album photo ici

 

Voilà déjà un jour que nous avons quitté l'île à Vache. Le moteur en panne, nous avions du partir à la voile de la Baie de Morgan.

 

Le vent n’étant pas de la partie, nous voguons péniblement en direction de Port Antonio, situé au nord-ouest de la Jamaïque. Heureusement, nous avions prévu le coup et sommes partis suffisamment tôt pour espérer arriver de jour. Mais plus la journée avance, plus le vent tombe… QoVop, sous spi, peine à grignoter les miles nautiques. Bientôt, le spi suffit à peine à avancer et le soleil descend doucement dans le ciel. Cette fois c’est la bonne, on va devoir rentrer dans la baie via le chenal, sans moteur, sans vent et de nuit ! Le vent, faible mais arrière, nous laisse espérer et on se prépare à rentrer sous spi. Les phares s’allument, les bouées aussi, et le noir s’installe.

 

Au moment de passer les premières bouées, le vent tourne soudainement et nous fait face. Nous larguons le spi, et remettons le génois… Dur dur d’avancer au près avec seulement 5-6 nœuds de vent ! Nous commençons une série de bords d’une centaine de mètres chacun et passons les premières bouées.

Nous arrivons à nous mettre dans l’axe du chenal , et la finesse de la carène de QoVop nous permet de remonter le chenal en un seul bord. C’est limite car à un peu plus de 30° du vent, dans un chenal large de 35m avec un vent quasi inexistant, le bateau est très peu manœuvrable… Nous avons mis l’annexe à l’eau avec son moteur, au cas où, histoire d’essayer de tracter les 7t du voilier avec notre 4CV.

 

Arrivés à la sortie du Chenal, dans la baie de Port Antonio, le vent tombe totalement et nous faisons du surplace. A 10m à gauche il y a la plage, à 30m à droite, il y a la mangrove… Baptiste et Greg sautent dans l’annexe et tractent doucement QoVop, qui avance tout de même à 0,5 nœuds ! Will, à la table à carte, suis en temps réel l’avancée du bateau sur le gps et indique constamment le cap à suivre. Après cette bien belle entrée, l’annexe cale et nous décidons de jeter l’ancre… Enfin ! On y est !

 

 Tous les échos que l’on a eus sur la Jamaïque se résument à l’insécurité et l’hostilité de ses rues. « Escales de grande croisières », notre petit guide, indiquait même une relative agressivité des autorités à l’égard des touristes. C’est donc avec une légère appréhension que nous voyons arriver sur nous une petite vedette de la police.

 

Les premiers mots de l’officier sont « Hey guys ! Everything is all right? Welcome in Jamaica! ». Bien! L’accueil semble chaleureux! Nous prenons l’annexe et nous nous rendons à terre via le ponton de la police. Il fait déjà nuit noire, et les agents (les plus chaleureux que l’on ai rencontré jusqu’alors) nous suggère de profiter de la soirée et de laisser les démarches administratives pour le lendemain. Autant vous dire que c’est bien la première fois que tout ce passe idéalement !

 

Dès le lendemain, nous nous attelons à réparer notre moteur, car sans moteur tout tombe à l’eau ! En faisant les démarches administratives auprès de la police, nous rencontrons leur mécanicien qui décide de venir jeter un œil à notre problème. Il passera finalement la matinée dessus, et pour le remercier nous lui offrons un verre dans un bar local. Si la Jamaïque souffre de la délinquance et de la violence des gangs, Port Antonio semble épargné et le climat qui règne ici est envoutant. Il est possible de s’y promener à toute heure, et les seules altercations auxquelles on s’expose sont de chaleureuses poignées de main. Les ruelles désordonnées regorgent d’échoppes de fruits et légumes, de vendeurs de bric à brac et  de push-cars. Les jamaïcains ont cette particularité d’être « visuellement » uniques : ici pas de mode vestimentaire. On croise des rastas en chaussures crocos, costard de soie rouge et dreadlocks, marchant côte-à-côte avec un homme en jogging, un autre en tenue hip-hop et un dernier déguisé en maçon… La musique résonne constamment dans les rues et des effluves de marijuana flottent de partout.

 

C’est dans ce cadre que nous passons nos journées, jonglant entre réparation de moteur, avitaillement mise à jour du site Internet. Le moteur fait vraiment des siennes et refuse toujours de démarrer après le passage de 2 mécanos différents. Le problème semblant venir de la pompe à injection, nous suivons les conseils des mécanos et amenons la pièce à réparer à Kingstown. Nous ne verrons de la capitale que le garage spécialisé en injection diesel et la devanture de la maison de Bob Marley dont l’entrée se paye au tarif honteux de 20$. Le lendemain, Bat repart chercher la pièce à Kingstown, et notre espoir et grand, si grand, que notre désillusion l’est aussi lors d’un nouvel essai moteur non concluant. La pompe à injection ne fonctionne toujours pas correctement. Finalement, Bat (mécano de l’équipage) réussi après 3 jours de combat acharné à faire démarrer le moteur. Tout n’est pas réglé, mais cette réparation provisoire va nous permettre d’avancer et de passer le canal de Panama.

 

Nous profitons alors des jours suivants pour nous initier au surf avec des amis américains rencontrés sur place. Cyrus, Brooke, Bruce et Véronica sont deux couples naviguant sur Volpaia, un superbe Swan de 62 pieds (année 1996) ! Cyrus et Brooke skippent le voilier pour ses propriétaires (suisses), et Bruce et Véronica sont équipiers. Les propriétaires se rendant 2 mois sur douze sur le voilier pour profiter des Antilles, les quatre membres de l’équipage ont le temps de parcourir les Caraïbes de fond en comble tout en remettant le bateau en état (réparation en tout genre, un peu comme sur le qovop). La rencontre avec ces deux couples fût très intéressante …  et leur vie fait vraiment rêver même si ça n’a vraisemblablement pas toujours été évident !

 

Ainsi s'achève cette escale pleine de charme et de belles rencontres. Nous attendrons le lundi pour partir de Port Antonio, les bureaux des douanes étant fermés le week-end.

 

Le lundi vers midi, nous hissons les voiles bien heureux mais les coast guard présents sur un quai à l'entrée de la baie nous somment de revenir pour une dernière inspection du voilier. Grace au bagou de Manu qui explique toujours le projet qovop avec brillot, cette visite surprise se déroule dans la bonne humeur et nous prenons enfin le large !

 

Départ de Jamaïque : lundi 9 mars 2009.