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Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 2 h 00

Temps du parcours

 15 jours

Longueur du parcours

2200 milles nautiques

Vitesse moyenne

 6,1 noeuds

PoissonS pêchéS

12 Daurades
2 Wahoos
1 Sabre
1/2 Espadon

Cap Vert –> Martinique : La transat 

     

Découvrez l'album photo ici

 

 

 

 

C’est donc le 24 décembre 2008 à 14h00 locale que nous prîmes la mer direction Le Marin en Martinique.

 

Devant nous 2100 MN à parcourir au cap 280.

 

Après 1 heure de moteur pour se dégager de l’archipel, nous avons éteint le moteur pour le rallumer seulement à l’arrivée, 15 jours plus tard.

 

Le pilote automatique étant toujours hors service, nous reprenons rapidement nos marques en établissant des quarts. C’est avec émotion que nous nous lançons dans cette aventure qu’est la traversée de l’Océan Atlantique, guettant derrière nous l’arrivée probable de la charriote du père Noel. Comme d’habitude il passa inaperçu, mais ne manqua pas de remplir nos placards de foie gras.

 

Afin de fêter comme il se doit le jour de Noel, nous avions pris avec nous de généreux steaks de thon et quelques légumes Cap Verdiens. Et là, ce fut le drame. Quelques heures après avoir diné, nous nous sommes tous trois retrouvés malades, assis sur les toilettes et la tête dans un seau.

Les bons moments de la journée furent tout de même une pêche fructueuse (3 daurades) et un temps clément vu notre état post-digestif.

 

 

Sur pied dès le lendemain, nous reprenons notre rythme de croisière, et envoyons le Spi pour la première fois le 27 décembre avec le retour bienvenu des Alizés.

 

Les miles défilèrent, et de notre côté, nous perfectionnons notre technique de pêche. Les résultats furent probant et nous rajoutions à nos menus culinaires 1 sabre, 2 wahoos, et 12 dorades. Nous avons même réussi a ramener jusqu’au bateau un bel espadon d’1m50, mais celui-ci se décrocha juste avant d’être hissé à bord.

Le 31 décembre, alors que nous préparions la salle des fête pour le réveillon de la St Sylvestre, une de nos lignes de pêche cassa nette sous l’attaque d’un très gros poisson, sûrement un thon jaune.

 

A minuit, alors que tous sur terre fêtaient comme il se doit la nouvelle année, nous nous afférions à larguer le spi qui faisait des siennes sous les rafales.

 

Les jours s’enchaînèrent et se ressemblèrent. Seuls au monde avec seulement quelques oiseaux comme compagnie, le premier signe de vie humaine depuis notre départ fut l’apparition derrière nous d’un pétrolier (le Torn Loire) qui nous doubla rapidement.

 

Dans l’ensemble le temps fut très ensoleillé, et la chaleur constante (27 degrés) nous fit économiser le nombre de vêtements portés. Les rares grains que nous avons vu durant cette traversée nous ont permis de prendre des douches à l’eau douce sur le pont du bateau.

 

 

 

Mention spéciale aux fins pilotes que sont les poissons volants ! Nous avons été impressionnés par leur talent de voltige et leur habilité à planer sur plus de 50m. Si ils maîtrisent parfaitement leur vol de jour, la nuit est une autre histoire. Il ne fut pas rare d’entendre de grands « Mayday ! Mayday ! » lancés par de jeunes membres de l’escadrille avant qu’ils ne se crachent lamentablement à nos pieds, dans le cockpit.

 

Pour conclure, une fois n’est pas coutume, qoVop fendit les eaux à plus de 6 nœuds de moyenne. Nos prévisions basées sur les temps moyens de traversée, soit 21 jours, furent pulvérisées, rendant fiers les néophytes que nous sommes.

 

Ces jours économisés en mer nous permettront de passer plus de temps à terre.

 

 

 

 

 

 

Arrivée au Marin : jeudi 8 janvier 2008

 

 

Le Marin, point de chute de nombreux bateaux en transat, est un port bien équipé pour réaliser une escale technique. Dès notre arrivée le jeudi matin, nous avons été étonnés de voir tant de voiliers au mouillage, si bien qu’il nous a été difficile de trouver la marina au milieu de cette forêt de mâts. Ce port est véritablement le plus grand mouillage que nous ayons vu depuis le début de notre carrière de marins.

La première douche à l’eau douce fût très appréciable après ces 15 jours passés en mer.

Cette escale nous a permis de trouver un réparateur pour notre pilote automatique, hors service depuis le départ, de racheter du matériel de pêche, d’acquérir un petit moteur pour l’annexe car la rame c’est bien mais peu efficace contre vents et courants.
Nous avons également rencontré Julie du magasin Le Ship qui nous a renseignés sur les bons plans du Marin. Patrice, son père, touché par le projet qovop a même décidé de nous offrir un équipement de plongé pour deux personnes. Encore un grand merci à eux pour leur générosité.

 

 

Sur la route du Robert (côte Aatlantique de la Martinique), nous avons fait une brève escale sur la plage des Salines. Au programme : vue sur le rocher du Diamant, cocotiers et sable blanc…

Le lendemain, dimanche 11 janvier, nous sommes donc arrivés au Robert en remontant le vent des Alizés : conclusion : nos premiers bords carrés.
L’arrivée dans la baie du Robert, gardée par l’îlet paradisiaque du loup garou orné de seulement 2 cocotiers, nous fît découvrir des paysages de toute beauté. Nous jetterons l’ancre à quelques pas de la mangrove.
Accueillis comme des rois par Gisèle et son fils Gilles, nous avons été rejoints par Grégoire, un ami d’enfance de Manu qui nous accompagnera pour toute la croisière des Antilles, avant de partir en solo, sac sur le dos, pour découvrir l’Amérique latine et ses richesses.

 

 

Trois jours au Robert nous ont permis de parcourir la côte de la pointe Savane, la presque-île de la Caravelle et de rencontrer les pêcheurs de la baie.

 

 

 

 

C’est avec Mehdi et Jean-Charles que nous devions aller relever les casiers dans le cadre de nos reportages. Malheureusement, la mer trop agitée obligea les pêcheurs à rester à terre. Cependant, cette rencontre très enrichissante nous a permis de découvrir leur métier et leurs techniques, notamment les DCP (Dispositifs de Concentration de Poisson). Cette technique mise au point par l’IFREMER il y a une quinzaine d’années permet de faire face à l’éloignement et la raréfaction des poissons. Un dispositif est une épave artificielle composée de cordages, bâches etc. flottant entre deux eaux et attirant le poisson sur la zone. Ainsi les pêcheurs connaissent exactement les lieux de pêche, économisant du temps, du carburant et donc de l’argent. Les pêcheurs ne sont donc plus obligés de se diriger au large pour attraper le poisson.

Avant de repartir du Robert, nous avons quand même pu assister au relèvement d’un filet à langouste piégeant une bonne douzaine de ces crustacés.

 

 

 

Après quelques mouillages de rêves sur la remontée de la Martinique côté Caraïbes, dont Anse Chaudière et Anse Noire, nous avons rejoint Gisèle et Gilles aux Trois Îlets qui nous ont accompagné durant la traversée pour la Dominique.