La grande traversée :
La traversée du Pacifique, la plus longue de notre voyage, reste pour nous un très bon souvenir gastronomique. Avec près d’une trentaine de poissons pêchés, nombreux ont été les thons, Daurades Coryphènes etc à finir dans notre assiette. Essayant de varier les plaisirs, nous nous sommes lancés dans l’expérimentation de plusieurs recettes. Le fameux TMC (Thon Mayo Curry) breveté par qovop dans les Caraïbes a été assez concurrencé ce dernier mois. Court-bouillon épicé en tout genre, sushi, confection de pain et baguette au four pour accompagner les petits déjeuners, pâtés de poissons etc.
Durant la traversée, le poisson abonde et nos ventres se gonflent à chaque repas.
La première semaine de traversée s’effectue sous un vent est-sud-est de force 3-4 en moyenne. Notre pilote ayant toujours quelques problèmes pour tenir le cap au portant, nous sommes contraint d’installer les quarts nuit et jour. Au bout de quelques jours la routine s’installe et nous naviguons à fière allure, ce qui nous rappelle l’atlantique.
En milieu de semaine le vent tombe un peu et nous envoyons fréquemment notre spi léger. Mais en fin de semaine, un grain nous envoie des rafales à plus de 20 nœuds et la grande toile légère se découd de la têtière (sommet du spi) jusqu’au centre, créant une déchirure d’environ 6 mètres sur les deux bandes latérales… pas de chance, mais après réflexion, nous aurions du affaler la voile dès la première rafale car la seconde a été fatale.
Le vent se renforce petit à petit durant la seconde semaine et nous naviguons très souvent au spi lourd, notre second et dernier « parachute » nous permettant d’avancer entre 6 et 7 nœuds en moyenne. Mais une fois n’est pas coutume, en fin de semaine un grain arrivant par bâbord nous fait partir au lof (vers le vent) dévente le spi puis en rabattant le voilier vers le cap à suivre, regonfle le spi qui déchire dans un bruit de claquement. Tout s’est passé très vite et nous nous retrouvons à 1000 miles des Marquises avec pour seules voiles, notre grand-voile et notre génois (voiles d’avant). Nous espérons alors que le vent ne nous lâche pas.
Celui-ci aura entendu notre requête car la dernière semaine, il se met à souffler à force 5 voir 6 et se sudifie un peu ramenant le vent presque à notre travers toujours en bâbord amure (venant de la gauche). Ce qui nous permet d’avancer à vive allure avec une gîte très stable.
Les derniers jours, l’arrivée sur l’île de Fatu Hiva se fait quand même attendre, jusque là, nous n’avions jamais éprouvé d’impatience, mais c’est toujours quand on s’approche du point d’arrivée que l’on a hâte de toucher terre.
A l’apparition de l’île au petit matin du 25 juin dernier, nous nous approchons d’une île au paysage très escarpé. Les crêtes des montagnes verdoyantes surplombent la mer aux eaux limpides.
Les Marquises : Fatu Hiva, Hiva Oa, Ua Pou (du 25 juin au 13 juillet)
Comme le récite notre journal de bord, les Marquises restent pour nous un souvenir inoubliable où l’accueil des locaux ajouté aux paysages et à la richesse gastronomique de l’archipel nous ont laissé bouche bé.
Les Tuamotu : Ranguiroa (du 17 au 31 juillet)
Notre escale à Ranguiroa aura finalement durée 2 semaines, en effet notre moteur étant tombé en panne avant notre départ de Ua Pou (Marquises), nous avions réparé sommairement car là-bas il est impossible de trouver quoi que ce soit. Ainsi nous aurons attendu Ranguiroa pour trouver la brasure dont nous avions besoin. En revanche si le moteur avait bien fonctionné pour notamment remonter l’ancre à Haakuti (Ua Pou), celui-ci nous a fait défaut dans le pire des endroits : à l’entrée de la passe de Tiputa (Rangiroa). Ce qui nous a obligés à tirer des bords au milieu de l’étroite passe. Heureusement une fois de plus qovop en ressort sein et sauf.
De plus, cette escale a fait l'objet d'un de nos reportages sur les Hommes et la Mer, consacrée cette fois à la perliculture.
Pour plus d’infos sur notre escale de Rangiroa (RDV sur le journal de bord)
Tahiti : du 2 au 25 août.
Le moteur bien réparé nous avons pû repartir serein de Rangiroa. C’est à environ minuit que nous entrons dans la passe de Papeete et sans aucun vent, nous apprécions l’aide de nos 29 chevaux.
Tahiti sera une escale clé pour toutes les réparations du bord avant de repartir dans des coins plus isolés tels que les Cook, Tonga ou Fidji. Nous en profitons pour modifier le tube de refoulement de gazoil (sur le moteur bien sûr) qui nous pose problème à chaque démontage. Ensuite, notre éolienne ayant pris un coup de souffle trop important sous les rafales de Fatu Hiva (peut-être près de 50 nœuds), nous en profitons pour la démonter et essayer de voir le problème. Malheureusement incapable de réparer, nous profitons pour remercier Jean-Do et Christine (Voilier « Exocet ») de leur bonté. Ce couple que nous avons connu à Panama nous a offert une éolienne qui traînait dans leur maison. Alors un grand merci à eux !
Suite sur le prochain journal de bord
Changement de programme : Retournons le 6 : de 600 à 900 jours chronos.
Vu que nous avons pris plusieurs mois de retard, nous sommes contraints de réviser notre parcours. La saison des cyclones qui est notre principale contrainte va nous obliger à nous abriter en Nouvelle-Zélande de novembre à mars. De même, les saisons cycloniques de l’océan indien nord rendent impossible sa traversée entre décembre et janvier et entre mai et juin.
Pour résumer nous quitterons la Nouvelle-Zélande en mars 2010 et nous ne pourrons pas rejoindre la Méditerranée avant mai 2011.
Ceci ne remet pas en question les projets environnementaux et pédagogiques, bien au contraire, nous pourrons notamment réaliser plus de reportages pour « les hommes et la mer » et communiquer 300 jours de plus avec les p’tits mousses (enfants des écoles) sur encore plus d’escales (Indonésie et Malaisie par exemple).
Nous comptons sur notre longue escale de Nouvelle-Zélande pour trouver du travail et remplir la caisse de bord qui nous permettra de naviguer jusqu’à notre retour.
Notre nouveau parcours sera prochainement mis en ligne, nous avons encore à y travailler.
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