C’est donc le jeudi 04 juin, après un rapide ravitaillement que nous quittons Santa Cruz des Galápagos pour la grande traversée du Pacifique. Même si cette traversée s’annonce plus longue que la transatlantique, l’expérience que nous avons accumulé jusqu’ici nous permet d’être sereins et impatients de prendre la mer.
Riches en poissons, les eaux des Galápagos nous offrent des thons rouges dès le premier jour. La cocotte fume et nous faisons notre stock de conserves pour les jours de vache maigre.
10-15 nœuds de vent nous permettent de faire bonne route à une vitesse correcte. Pendant la première semaine, le vent nous quitte le matin et laisse place à la pétole avant de revenir en cour de journée. Le spinnaker tourne à plein régime et QoVop trace sa route même par faible vent. Nous profitons du pilote automatique pour dévorer le peu de livres que contient notre bibliothèque… Après une petite semaine nos batteries montrent des signes de faiblesse, nous sommes alors contraints de reprendre le rythme habituel qui consiste à barrer 24h/24.
Le voilier ne suit pas une route directe car nous avons opté pour aller chercher les Alizés plus au Sud. Nous prenons confiance, peut-être un peu trop, et un grain nous surprend et ses rafales à 25 nœuds déchire immédiatement notre spi léger. Le lendemain, nous envoyons le spi lourd, plus petit et plus costaud. Seulement voilà, la malédiction frappe de nouveau et 6 jours plus tard celui-ci cède également lors du passage soudain d’un grain. Nous somme désormais contraints de poursuivre au génois pour rallier les îles Marquises à 1000 miles de là.
La dernière semaine le vent force et s’établit à 25 nœuds et nous permet de filer à bonne allure. Gardant en mémoire le concours que nous avons lancé avec nos amis circumnavigateurs, nous déployons notre énergie à tenter de prendre un espadon. Nous y laisserons des plumes, perdant 5 leurres, dont 2 avec leur ligne complète. Faute de marlin, nous remontons tout de même un beau Wahoo de 1m45 ! Un peu plus tard nous attraperons même 3 dorades coryphènes même temps, soit 3m30 de poisson ! Cette pêche prolifique nous permet d’orner QoVop de poissons séchés pendant sur chaque gréement. Les bocaux étant tous pleins, nous optimisons notre technique de séchage, et l’affinage devenu quasi-parfait nous offre de délicieux apéritifs de dorade, wahoo et thon en stick.
Nous en avons également profité pour améliorer le menu du jour. Placé sous le signe de la gastronomie, nous faisons du pain, des tourtes, des nuggets de poisson, du poisson au court-bouillon, et le tout dans des quantités astronomiques !
Après 21 jours, les corps fatigués et le ventre bien tendu, nous apercevons le relief escarpé de Fatu-Hiva. C’est sur cette île, dans la baie des vierges, que nous jetons l’ancre entre 2 rafales à 40 nœuds. Nous nous y reprenons à plusieurs fois, accrochant la chaîne du catamaran voisin et nous obligeant à plonger en bouteille pour nous décrocher. La seconde tentative s’acheva par un échec, l’ancre chassant sur un sol caillouteux. C’est au troisième essai, car jamais 2 sans 3, que nos ancres se sont décidées à accrocher le fond sableux de la baie.
Impatients de se dégourdir les jambes après 3 semaines passées dans nos 10 m2, nous partons en exploration du paysage grandiose qui s’offre à nous.
La baie, gardée par deux grosses colonnes de pierres volcanique, abrite le discret petit village d’Hanavave. A l’arrière s’élèvent les massifs escarpés qui s’achèvent en une crête à plus de 900m. L’eau ruisselle de toute part et abreuve une forêt luxuriante remplie d’agrumes, de mangues, cocos, bananes, papayes et autres goyaves. L’ile abrite aussi des cochons sauvages et des poulets qui picorent de maison en maison et utilisent les manguiers comme poulailler.
La rivière qui coupe le village en deux, nous mène droit à une cascade au pied de laquelle un bassin d’eau douce s’est creusé avec le temps. Quel bonheur de pouvoir profiter de ce spa naturel pour se délasser et ôter le sel qui imprègne notre peau !
Au court de notre séjour sur Fatu Hiva, nous rencontrons Antonio et sa famille qui nous accueillerons et feront un peu découvrir leur culture. D’abord à travers les plats locaux, à base de poulet, cochon sauvage et pains (fruit de l‘arbre à pain) nappé d’une sauce onctueuse. Puis Antonio à la guitare, son fils Norbert au yukulele et sa maman au chant nous emplisse la tête de douces mélodies. La famille assure également notre avitaillement en fruits que nous dévorons sans retenue. Notre préférence va aux énormes pamplemousses que les locaux affectionnent pourtant peu.
Après 6 jours nous levons l’ancre de ce mouillage très venté pour rejoindre l’île de Hiva Oa située à une petite journée de navigation. C’est au village de Atuona que nous dénichons enfin une connexion internet.
See you soon !