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La genèse
 

 

Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 1h

Temps du parcours

 5 jours

Longueur du parcours

 540 milles nautiques

Vitesse moyenne

 4,5 noeuds

PoissonS pêchéS

0....

Polynesie -> Cook Islands: Un p'tit gout de Kiwi

     

Découvrez l'album photo ici

 

Le soleil se lève juste et peine à réchauffer Bora-Bora tandis que nous nous apprêtons à partir. Nous sommes les premiers prêts et allons faire le tour de Canela : nos amis ont eu du mal à se lever et en sont encore à lever l’annexe sur le bateau. Nous allons ensuite tourner autour de Watermelon, sur lequel tout le monde s’agite et semble fin prêt.

Si Bora-Bora est belle, si belle même que l’on la nomme la perle du Pacifique, il n’en reste pas moins que chaque équipage est heureux de reprendre la mer direction les iles Cook. Watermelon a décidé de partir sur Suvarov, tandis que Canela vient avec nous sur Rarotonga… Nous ne garderons donc pas longtemps le Sloop de David et Anne à portée de vue, mais nous savons que nos chemins se croiseront surement aux Tonga.

Passé le chenal nous apercevons enfin Canela qui se lance à notre poursuite, mais QoVop les tien à bonne distance. Derrière, Bora s’efface doucement et nous n’apercevons plus les mâts de Mandragore, resté au mouillage. En effet, Hélène et Laurent restent ici pour au moins un an, et c’est le cœur lourd que nous les quittons. Nous ne les recroiserons certainement plus de tout le voyage, mais nous gardons contact, et qui sait, peut-être les croiserons nous le tour suivant ?

Ce premier jour de navigation nous offre un vent entre 15 et 20 nœuds, grand largue, Idéal pour tracer la route et avaler les miles. Nous déposons Canela qui disparait derrière nous et savourons enfin le calme et la sérénité qu’apporte le large. Durant près de 3 jours, le vent est stable et nous filons, mais à notre grande déception aucun poisson n’est venu agrémenter nos plats quotidiens. Nous avons pourtant bricolé un tangon permettant de mettre à l’eau une troisième ligne, mais rien y fait…

L’après-midi du troisième jour, le vent tombe doucement à 10 nœuds, puis 8, puis il tombe complètement. Les voiles claques et QoVop peine à avancer entre 0,5 et 2 nœuds, heureusement le courant est avec nous ! Vers 22h la VHF grésille et nous percevons la voix d’Augusto, signe que les brésiliens se rapprochent et sont à une dizaine de miles derrière nous. Quelques minutes plus tard nous les entendons 5 sur 5, ils sont à 3-4 miles au nord de notre position et avancent au moteur. Grâce à leur BLU, ils ont eu des nouvelles de Watermelon et nous en font part puis viennent passer à quelques mètres de QoVop. Nous les laissons filer devant et préférons continuer à la voile, tant pis s’il faut supporter la pétole…

Au petit matin, nous prenons le café sur un lac, et quelques heures plus tard c’est avec grand espoir que nous apercevons devant nous un bon gros grain. Habituellement, lorsqu’ils voient un grain les plaisanciers enfilent leur ciré, réduisent la voilure et se cramponnent à la barre… Nous, fatigués de la pétole et assommés par le soleil, nous filons droit dessus, nous mettons en sous-vêtement et sortons le gel-douche ! Sous le grain, le vent reprend et QoVop s’élance tandis que nous profitons de la pluie pour nous laver à l’eau douce. Sortis du grain le vent ne faiblit pas et pousse de plus en plus. Nous prenons un ris, puis 2, puis finalement nous testons pour la première fois notre troisième ris. Durant la nuit les grains se font de moins en moins rares, et la journée qui suit se fait sous des conditions équivalentes. La nuit suivante, la pluie ne s’arrête plus et nous passons nos quarts à la barre, trempés jusqu’à l’os et impatients d’arriver.

Le soleil se lève enfin, chassant les nuages et dévoilant Rarotonga, île principale de l’archipel des Cook. Devant le port, Canela fait le pied de grue en attendant d’avoir suffisamment de lumière pour rentrer sereinement dans l’étroit port d’Avatiu. Nous les suivons et nous amarrons avec une ancre à l’avant et des haussières reliant l’arrière du bateau au Quai, 5 m derrière nous.

Rarotonga n’offre pas de mouillage à ses visiteurs, relativement ronde elle n’a pas de baie, et le récif corallien sépare les fonds de 200m du platier de 50 cm de profondeur. Seul l’étroite passe d’Avatiu permet de s’approcher de la terre. Le relief de l’île nous rappel les Marquises, abruptes et luxuriantes.

Une fois bien amarrés, nous mettons nos tenues de navigation à sécher, hissons le pavillon jaunes et attendons les services de santé sensés venir inspecter chaque voilier en provenance de l’étranger. Ceux-ci arrivent quelques minutes plus tard et nous remplissons les formalités dans une ambiance très décontractée. La prochaine étape consiste à aller à la rencontre du capitaine du port, mais celui-ci est absent et ne sera disponible que 4 jours plus tard.

Dès le début nous sommes charmés par la gentillesse et l’accueil des habitants de Rarotonga. Nous visitons le village, c'est-à-dire que nous parcourons la rue principale sur 1km car ici le tour est vite fait. Nous découvrons les super marchés et leur produits à un prix enfin raisonnable après la vie chère en Polynésie française.

Quelques jours plus tard, nous partons avec Claudio en quête de fruits dans la jungle, espérant y trouver la même abondance qu’à Hiva Oa, mais malheureusement la saison n’est pas propice aux fruits locaux. Nous dénichons un petit sentier qui nous mènera au sommet d’une des montagnes locales, surplombé d’une colonne de roche que nous gravirons en partie. La vue est superbe, nous offrant la baie nord où mouille QoVop et le lagon situé au sud de l’île. Durant la redescente nous trouverons un beau régime de banane : nous ne rentrerons finalement pas bredouilles !

Le lundi suivant notre arrivée, une amie des brésiliens, Typhanie, rejoint Canela pour une semaine. Venue de Californie, elle loue une voiture 7 places et nous permet de découvrir le tour de l’île.

Puis les jours s’enchainent, entre matchs de football « France-Bresil » et soirée à bord des voiliers en compagnie de touristes de passage. Chanceux, nous pouvons assister au concours de danse locale, très proche des danses tahitiennes. Nous avons même le droit à un superbe Haka !

Enfin, après une dizaine de jours à finalement ne pas faire grand-chose, nous décidons de partir pour Niue, un des plus petits états du monde niché sur la plus grosse patate de corail du monde. En effet, si l’île est belle et ses habitants chaleureux, Rarotonga est surtout destinée au farniente, et nous sommes avides de découvertes et d’activités.

En étudiant les cartes, nous avons vu un récif situé entre notre position et Niue, et apparemment il est possible d’y jeter l’ancre. Très peu de gens l’ont fait, mais l’idée de mouiller au beau milieu de nul par où aucune terre n’émerge nous a séduit et nous avons décidé de tenter l’aventure avec Canela.

C’est donc direction « Beverage reef » que nous hissons les voiles, heureux d’avoir découvert les Cook et heureux de filer vers de nouveaux horizons.