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Les chiffres clefs de la traversée

 

Nombre d'heures moteur

 1 heure

Temps du parcours

 3 jours

Longueur du parcours

 450 milles nautiques

Vitesse moyenne

 6 noeuds

Poisson pêché

1 Carangue

Guadeloupe –> République Dominicaine : 

     

Découvrez l'album photo ici

 

Arrivée : Jeudi 5 février 2009.

 

 

Après une courte navigation de 3 jours, nous sommes arrivés en République Dominicaine.  Au petit matin notre nouveau moussaillon Greg s’écrit : « Poisson, poisson». Tout le monde sur le pont pour remonter cette prise tant attendue, il s’agit d’une carangue de 3-4kg.

 

 

 

 Nous nous approchons de la côte à la recherche d’un port. Arrivé face à Romana, nous avons découvert une côte peu accueillante surmontée d’usines crachant d’épaisses fumées noires. Nous nous replions donc sur la marina Casa de campo 6 miles plus à l’Est. En entrant dans le port, nous débarquons dans un autre monde : Yachts de luxe et grands bateaux de pêche au gros ! QoVop moitié moins grand que ses voisins, ne pouvait rivaliser qu’avec les annexes de ces derniers. Une fois de plus nous passâmes beaucoup de temps avec les autorités : douane, immigration, autorités portuaires, Navy, service de l’agriculture et les narcotiques…

Désireux de découvrir ce nouveau pays, nous avons tenté une sortie aux abords du port. Malheureusement, entre golf et magasins de luxe, nous n’avons rencontrés que de riches millionnaires à l’abri de tout contact extérieur…

Parmi ces américains nous avons rencontrés l’équipage fort sympathique de « Never say never » Ces amateurs de pêches au gros nous ont non seulement donné de bons conseils sur les caraïbes mais également quelques provisions très appréciées tel que poulet, fromage… Un grand merci à eux ; leur gentillesse et le nom de leur bateau ne nous ont pas laissé indifférent. En effet « Never say never » (Ne jamais dire jamais) est tout à fait dans l’esprit qoVop !

 

Afin d’explorer un peu le pays nous avons hissé les voiles dés le lendemain pour Boca Chica, 30km à l’Est de Santo Domingo. Arrivés en début de soirée dans la baie d’Andres nous nous sommes aperçus que les cartes marines étaient erronées. A l’approche de la zone de mouillage (de nuit) nous nous fîmes stoppés net par la remontée des fonds sableux. Après cet incident sans gravité, nous avons jeté l’ancre quelques mètres à côté.

 

 

Nouvelle tentative de sortie dans les terres en ce vendredi  06/02. Après avoir laissé l’annexe sur une plage, nous décidons de partir à pied pour Boca Chica malgré les tentatives de dissuasion des motos coch’ (taxi-moto). Une ½ heure plus tard nous débarquons dans le centre de la ville aux allures hostiles pour les gringos que nous sommes ! Alpagués à tour de rôle par maquereaux et dealeurs nous décidons de rebrousser chemin à pied malgré leur insistance quant à la dangerosité du coin.  A mi-parcours, un pick-up de la police s’arrête à notre niveau. Surpris par notre candeur, ils nous somment de sauter rapidement à l’arrière du véhicule. Notre escorte nous ramène sur la plage d’Andres. Sur place ils n’en reviennent pas que nous ayons laissé l’annexe et son moteur, seuls et sans surveillance. Entre grand éclats de rires et esclaffades telles que « Madre de Dios » les ¾ de l’équipage ont même eu droit à la fessée de la part du capitaine de la police !!! Tout est bien qui fini bien, cette soirée nous aura appris beaucoup sur l’insécurité qui règne dans ce pays.

 

Après 2 jours de repos, ravitaillement et pêche (nous avons pris notre 1ère langouste) nous sommes partis visiter Saint Domingue. Après s’être rapidement baladés dans le quartier colonial (vieille ville) et visité ses quelques monuments (panthéon, cathédrale…) nous nous sommes rendu compte que la ville présentait un intérêt limité. Toutefois, cela nous a permis de nous ravitailler en alcool à brûler, indispensable pour cuisiner à bord. Celui-ci nous faisait déjà défaut depuis quelques jours.

 

Nous repartons de Boca Chica le 11 février, déçus par l’absence de réel intérêt et l’inhospitalité du coin. Nous prenons donc la mer direction plein Ouest, afin d’aller mouiller derrière la pointe des Saline où s’abrite un golf parsemé de baies.

 

Le lendemain nous ancrons donc QoVop dans la baie d’Occoa, relativement déserte. Nous y passerons une seule nuit car n’où n’y trouvons ni pêcheurs pour nos reportages, ni fond marins clairs pour la plongée. Nous allons passer la nuit suivante dans la baie de Puerto Viejo de l’autre côté du golf. Comme la veille, nous n’y trouvons rien, si ce n’est la visite au petit matin de la Marine de Guerre Dominicaine armée de fusils à pompe. Ils nous apprennent que mouiller ici est interdit et qu’il faut aller voir le commandante avec eux. Manu et Will les accompagnent dans leur barque, mais le fameux commandante les appelle pour leur dire qu’il a la flemme de passer. Nous sommes finalement relâchés contre 2 euros pour financer leur gazoline.

 

Nous repartons direction Barahona, notre dernier port avant de quitter le pays. Nous désespérons de trouver une escale coup de cœur en République Dominicaine, entre la Marina de Guerra, les fonds marins opaques et l’hostilité des rues.

 

En arrivant dans la baie de Barahona, nous trouvons les lieux plutôt sympathiques, et les deux cargos et l’usine qui y trônent se fondent pas trop mal dans le décor.

Nos premiers pas à terre nous dévoilent une ville vivante, avec un petit marché bondé et des gens accueillants. Enfin ! Nous trouvions enfin un coin sympathique où il fait bon se promener dans les rues. Nous y avons gouté un bon pollo carbon (poulet grillé) et refait l’avitaillement du voilier. Prêts à repartir, nous entamons les démarches administratives de sortie du territoire et nous nous heurtons à la tête de mule de Commandante. Refusant de lui payer son bakchich de 20$, nous nous le mettons à dos et il nous fera poiroter  une journée complète. Après avoir vu que cela ne nous faisait pas changer d’avis, il se débarrassa des quatre français qui tapaient la coinche sur le parvis de sa caserne en signant l’autorisation de sortie du territoire.

Qovop hisse alors les voiles direction la Jamaïque. Nous sommes déçus de n’avoir découvert la sympathique ville de Barahona que sur la fin.

 

Le 15 février, après une journée de navigation, la petole nous rattrape et nous scotche sur une mer d’huile. Nous décidons donc de passer la nuit au mouillage abrité de l’île Béata qui pointe alors sont nez au sud de la RD. Nous y arrivons de nuit, après une heure de moteur. Alors que nous jetons l’ancre, nous nous rendons compte que même de nuit, nous voyons le fond de l’eau à plus de 3m sous la surface… Nous sommes impatients de découvrir tout ça à la lumière du jour.

Au petit matin, Béata nous révèle sa splendeur. L’eau, turquoise et plus limpide qu’une piscine, vient caresser une longue plage de cocotiers sous lesquels se trouvent le seul village de l’île. Ce village de pêcheurs est uniquement composé de cases fabriquées en bois et en taule. Une cinquantaine de personnes y vivent, sans eau ni électricité. Ici, pas de route, pas même de réel chemin. La surface parcourue par les hommes se limite à cette plage de 300m de long par 50m de profondeur. A notre surprise, nous découvrons des dizaines d’iguanes de plus d’un mètre se balader entre les cases. Entre ceux qui jouent et ceux qui siestent sous les cocos, les iguanes ne semblent pas dérangés par la présence des hommes.

Nous nous promenons  sur côte et découvrons des dunes de lambis vidés et des rochers abruptes qui nous servent de plongeoir pour savourer l’eau limpide. Nous venions de trouver un petit paradis.

Entre deux plongées qui nous ont permis de perfectionner notre technique de pêche à la langouste, nous avons rencontré les pêcheurs de la plage qui ont accepté de nous accueillir le lendemain pour les filmer et les photographier. Heureux de pouvoir avancer notre reportage sur les hommes et la mer, nous attendons le lendemain. Malheureusement, le vent se lève et grossit la mer. Les pêcheurs ne pourront pas sortir, et donc nous ne pourrons pas les filmer… Tant pis, comme on dit : c’est le karma!

 

Le 18 nous levons l’ancre et quittons la République Dominicaine pour de bon, avec des images paradisiaques de Béata plein la tête. Les rafales à 25-30 nœuds poussent rapidement Qovop vers le large, et derrière nous le village de pêcheurs et ses cocos disparaissent lentement. En regardant la carte et la route qui nous attend, nous décidons de nous arrêter à mi-parcours sur l’île à Vache. Cette île appartient à Haïti mais on nous a dit que les autorités n’y vont pas (donc pas de soucis de formalités, très compliquées là-bas). Nous filons donc vers l’île à Vache à 7 nœuds, et le soleil se couche lentement devant l’étrave du bateau. Qovop s’engouffre dans la nuit, sans se douter de ce qui l’attend une centaine de miles nautiques plus loin…